« Mes mains sont parties toutes seules en bas » : condamné pour agression sexuelle sur une fillette de 5 ans

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    Un homme de 44 ans a comparu ce jeudi devant le tribunal correctionnel pour agression sexuelle sur une fillette de 5 ans, des faits qui se sont déroulés en mai dernier à Paea. Déjà condamné en 2003 pour des faits similaires sur ses nièces, le prévenu a été condamné à quatre ans de prison.

    C’est un dossier malheureusement pas si rare en Polynésie française. En mai dernier, alors qu’elle joue dans l’eau à Paea avec d’autres enfants, une fillette de 5 ans est rejointe par un homme. Celui-ci, sous couvert de jeu et d’amusement, touche ses parties intimes. Ce que la fillette perçoit, à juste titre, comme une agression sexuelle. Elle s’empresse de prévenir sa grand-mère, qui prévient les gendarmes.

    L’agresseur, un homme de 44 ans, est une connaissance du quartier. Interpellé sur la plage, il est en état d’ivresse avancé en plein après-midi, avec un taux d’alcoolémie de 0,75 mg par litre d’air expiré. Il dit avoir consommé un mélange de rhum et de soda une bonne partie du week-end.

    Plus tard, ses déclarations aux enquêteurs sont particulièrement troublantes. Il reconnaît avoir touché la fillette trois fois, affirmant que c’était « pour s’amuser » . « Mes mains sont parties toutes seules en bas » , dit il, ajoutant que les « petites filles » l’attirent. Il ajoute qu’il n’a jamais eu la moindre relation sexuelle. Des propos qu’il nie à la barre, expliquant qu’il était alcoolisé – ce qui n’était pas le cas au moment de cet interrogatoire, note le président du tribunal, tentant de démêler le vrai du faux. L’enfant, elle, dit avoir été touchée une dizaine de fois.

    Attouchements sur ses nièces

    Le passé du prévenu interpelle. Il a déjà été condamné en 2003 à deux ans de prison pour des attouchements sexuels sur ses deux jeunes nièces. C’est cette condamnation qui est au cœur des débats. Pour le procureur, le parcours de l’homme, un « parcours de vie sentimentalement et sexuellement isolé« , explique son passage à l’acte, l’alcool agissant comme catalyseur. « L’occasion fait le larron » , souffle-t-il.

    Avocate des parties civiles, Me Béatrice Erignoux signale un « profil particulièrement inquiétant » . Elle dénonce « l’innocence bafouée d’une enfant » . La psychologue de la victime confirme que la fillette, bien qu’elle affirme ne se souvenir de rien, a probablement développé un mécanisme de refoulement ou de dissociation pour se protéger. Ce « silence défensif » , selon la psychologue, est un signe de traumatisme.

    Pour Me Fromaigeat, en revanche, c’est l’alcoolisme de son client qui est le réel problème. Le conseil soutient que si l’homme arrêtait de boire, il ne représenterait plus un danger pour la société.

    Le tribunal a finalement suivi en grande partie les réquisitions du procureur, condamnant l’homme à quatre ans de prison, dont un an avec sursis probatoire pendant deux ans. Son nom sera inscrit au FIJAIS (Fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes). Il est également soumis à une obligation de soins et à une interdiction d’exercer toute activité en lien avec des mineurs.

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