Internet n’est pas une zone de non-droit. Pour preuve : le procès entre l’homme d’affaires Thierry Barbion, condamné en 2021 pour recours à la prostitution de mineurs, et une femme à l’origine d’un profil Facebook. Cette dernière a été condamnée ce jeudi, après avoir publié des photos de Thierry Barbion et de ses proches.
« Ça a également affecté sa femme, Thérèse Moké, et ses enfants, qui sont jeunes, qui pendant la période de harcèlement en ligne ont été quotidiennement attaqués, critiqués, moqués, rappelle Me Peuillot, avocat de Thierry Barbion. Donc, on peut imaginer l’ampleur. Vous imaginez sur plusieurs années, des centaines de publications, des dizaines, des vingtaines de photos de votre papa, de vous en sous-vêtements. Des photos des enfants quand ils sont bébés, enfants, adultes. On a porté plainte, on l’a retrouvée et maintenant elle est condamnée et pour nous c’est une victoire. »
En face, l’avocat de la mise en cause plaide une réaction émotionnelle de sa cliente. Il rappelle le parcours d’une ancienne Miss, ayant côtoyé des notables de Tahiti dans sa jeunesse, et les dérives qui vont avec.
Pour Me Des Arcis, avocat de la mise en cause, sa cliente « a pensé à toutes ces gamines qui sont victimes de ces gens-là, qui regardent ces jeunes filles. Et ce qui leur arrive, c’est la drogue, c’est la déchéance. Il est certain qu’une fille qui a 18 ans, 19 ans, qui va dans une boîte de nuit, ça se finit souvent très mal. […] Donc, elle n’a pas voulu se venger de cet homme. Elle a voulu venger toutes ces filles, qui sont victimes de ce genre de prédateurs que l’on protège, que les relations protègent sérieusement. »
Une affaire qui rappelle que la loi s’applique aussi en ligne. La mise en cause écope de 100 000 Fcfp d’amende et de 100 000 Fcfp de dommages et intérêts. Le profil Facebook a, quant à lui, disparu de la plateforme.



