L’exclusion de l’infirmier « destructeur » de Huahine confirmée en appel

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Ce jeudi, la Cour administrative d’appel de Paris a confirmé la lourde sanction disciplinaire infligée à l’infirmier "destructeur" qui avait exercé au centre médical de Huahine entre 2019 et 2021. Comme en première instance, les juges ont estimé que les nombreux témoignages recueillis contre lui étaient suffisamment concordants pour justifier son exclusion temporaire.

Nouveau revers judiciaire pour l’infirmier « destructeur » de Huahine. Dans un arrêt rendu ce jeudi, la Cour administrative d’appel de Paris a rejeté son recours et confirmé la décision de l’exclure temporairement de ses fonctions , pour une série de manquements professionnels et comportementaux survenus alors qu’il exerçait au centre médical de Huahine, entre 2019 et 2021. Il avait été placé en congé longue durée du 27 juillet 2021 au 26 octobre 2022, et n’avait pas réintégré son poste suite à cette décision du Pays.

L’infirmier contestait aussi bien la régularité de la procédure disciplinaire que la réalité des faits qui lui étaient reprochés. Il soutenait notamment ne pas avoir été informé de son droit au silence lors de son audition devant le conseil de discipline.

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Le portrait dressé de l’homme par ses collègues n’était pas flatteur. Dans un courrier du 23 mai 2022, la taote responsable hiérarchique du requérant avait demandé à bénéficier de la protection fonctionnelle, décrivant un homme « incontrôlable, impulsif, coléreux, violent, destructeur et surtout dangereux dans ses réactions » .

Plusieurs scènes étaient décrites : lui hurlant « contre tous et surtout contre sa hiérarchie » , explosant un clavier d’ordinateur en « tapant comme un fou » sur le bureau de sa responsable, ou une porte au cours d’une réunion d’infirmier où il estimait que ses collègues ne lui reconnaissaient pas ses compétences de « vrai taote » .

Des éléments « suffisamment circonstanciés et concordants » que la Cour a retenus contre l’infirmier dans sa décision. Elle relève notamment que l’infirmier reconnaît lui-même avoir brisé, le 17 novembre 2020, la porte vitrée du box des urgences.

Les juges aussi les appréciations formulées par plusieurs responsables hiérarchiques, évoquant « une grande difficulté relationnelle par manque de respect de la hiérarchie et de certains de ses collègues », « un comportement très labile » ainsi qu’une « impulsivité difficile à gérer quelle que soit l’approche managériale ».

L’arrêt revient également sur les déclarations de collègues qui dénonçaient un climat de travail dégradé. Une infirmière avait ainsi affirmé aux enquêteurs que l’intéressé « s’était montré agressif envers le personnel du centre médical de Huahine » et l’avait menacée de mort. Sa supérieure hiérarchique évoquait pour sa part des « excès de colère impulsive », des « menaces de destruction physique » ainsi que des propos calomnieux visant plusieurs membres du personnel.

L’infirmier faisait valoir que les plaintes déposées contre lui avaient finalement été classées sans suite en mars 2025. Un argument rejeté par la Cour.

Les juges relèvent également qu’au moment où son retour était envisagé après un congé de longue durée, celui-ci suscitait de fortes inquiétudes parmi ses collègues. Ils citent notamment un courriel du nouveau responsable du centre médical indiquant que trois des quatre infirmiers avaient manifesté leur intention de quitter le service s’il devait le réintégrer.

Concernant le bris de la porte des urgences, l’infirmier expliquait avoir agi après avoir appris que son fils avait été mordu par un chien. Là encore, la Cour rejette son argumentation. « Une telle circonstance, aussi regrettable soit-il, ne saurait toutefois justifier le fait qu’il ait manqué à son devoir de conserver dans l’exercice de ses fonctions une maîtrise de soi en toute circonstance », écrivent les magistrats.

Au vu de l’ensemble du dossier, la Cour estime que la sanction n’était pas excessive. Les juges ont également validé l’obligation faite à l’infirmier de suivre plusieurs formations — gestion du stress, gestion des conflits, remise à niveau en soins d’urgence — ainsi qu’un stage à l’hôpital d’Afareaitu à Moorea avant sa reprise de poste. Des mesures visaient à ce que son retour au travail « se déroule dans les meilleures conditions possibles pour lui-même et son environnement professionnel ».

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