“Peut-être que je l’ai fait. Mais je ne m’en souviens pas. » Debout entre deux gendarmes, l’accusé, 42 ans, a juré ne plus avoir le moindre souvenir de cette soirée du 22 septembre 2023. Il venait de passer l’après-midi à s’enivrer d’alcool avec l’un de ses amis, sur une petite île des Marquises.
Soûl, il a finalement décidé de passer la nuit chez celui-ci. Vers 23 heures, la fille du propriétaire des lieux, âgée de 17 ans, s’est brusquement réveillée en sentant un poids sur elle.
Selon son témoignage, le quadragénaire s’affairait à tenter de la pénétrer. “Laisse-toi aller et ça restera entre nous”, lui aurait-il chuchoté en posant un doigt sur sa bouche pour qu’elle ne crie pas.
C’est pourtant ce que l’adolescente a fait, parvenant ainsi à mettre son agresseur supposé en fuite. Dans un premier temps, la jeune fille n’a pas souhaité alerter les autorités. Ses parents l’en avaient même dissuadé car son père devait être jugé pour des violences et il craignait qu’une plainte n’arrange pas ses affaires. Mais la jeune fille a fini par franchir les portes de la gendarmerie.
Ce 22 septembre 2023, l’accusé n’aurait pas dû se trouver aux Marquises. Il était en effet sorti de prison 11 mois plus tôt et son suivi socio-judiciaire lui interdisait de quitter Tahiti. Une obligation dont il a fait fi.
Le quadragénaire venait de purger une peine de 12 ans de prison pour viol, tentative de viol et agressions sexuelles sur ses jeunes cousines, dont une de “10 ou 11 ans”, ainsi que sur une autre enfant.
Il avait expliqué avoir agi par colère contre l’une des petites après qu’elle a “mis du caca de poule dans son assiette”. “Je voulais la tuer, donc je l’ai baisée”, avait-il crument lâché aux enquêteurs.
Consommateur de paka dès “8 ans”
Diagnostiqué schizophrène, mais refusant de prendre son traitement qui le rend impuissant, selon lui, le quadragénaire a déjà fait parler de lui dans ses jeunes années.
Fumeur de paka dès ses “8 ans”, drogue qu’il a cessé de consommer à 22 ans car il entendait des voix, il avait tenté de violer sa petite amie à 14 ans, dans les toilettes de son collège où il l’avait enfermée. Au même âge, il s’en était aussi pris à une fillette de 6 ans qui l’avait contrarié.
Autre élément sombre au dossier : l’historique de ses recherches sur Internet. Les enquêteurs de la gendarmerie ont découvert de nombreuses photos et vidéos de très jeunes filles dénudées. Mais aussi des mots-clés à caractère incestueux.
Les différents psychiatres qui ont rencontré l’intéressé ont tous brossé un portrait glaçant. Celui d’un homme présentant des “troubles pervers sadiques” de “type pédophiles” et qui s’approprie “ses jeunes victimes comme des objets sexuels”.
“Il continue de minimiser ses actes et rejette la faute sur ses victimes”, a noté le psychiatre qui le suivait en prison. Un autre médecin s’est inquiété d’un “état dangereux” nécessitant “une surveillance et des soins”.
Le procès se poursuit ce mercredi avec les plaidoiries des avocats et les réquisitions de l’avocat général. Le verdict devrait être rendu dans le courant de la journée. Jugé en état de récidive, l’accusé encourt 30 années de réclusion criminelle.



