18 ans de prison pour le meurtre de sa mère

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À l’issue de trois jours de procès devant la cour d’assises de Papeete, Christian F. a été condamné, ce vendredi, à 18 années de réclusion criminelle pour le meurtre de sa mère. “Je ne veux pas fuir mes responsabilités”, a déclaré l’accusé qui avait étranglé la septuagénaire dont il s’occupait au quotidien.

Les jurés ont rendu leur verdict en début de soirée. Une peine de 18 ans ferme, en deçà de celle requise par l’avocat général qui demandait 25 ans de prison, assortis d’une période de sûreté des deux tiers.

Lors de sa prise de parole, Jacques Louvier a écarté les explications de Christian F pour tenter de comprendre son passage à l’acte. Le fait de traverser une lourde dépression et de vivre aux côtés d’une mère omniprésente, envahissante, dont son père lui avait confié la charge sur son lit de mort. Au point de commettre l’irréparable ce tragique matin du 9 octobre 2022.

 

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Elle n’était pas une charge. Elle n’était pas dépendante physiquement. C’est lui qui l’a isolée. Il s’est lui-même enfermé dans son système. Mais il pouvait très bien s’arranger avec sa sœur et certains des petits enfants”, a martelé l’avocat général.

A un moment, il n’a plus supporté ce fardeau qu’il s’est créé. Il s’est dit que le seul moyen pour s’en sortir c’était de la tuer. Il s’est libéré de sa mère qui était devenue une charge” a encore asséné le magistrat pour qui Christian F n’a pas présenté de “remords réels” au cours des débats.

Et si l’une des expertises psychiatriques a conclu à une altération du discernement du quinquagénaire au moment des faits, susceptible d’atténuer la peine prononcée, le magistrat l’a aussi balayée.

Il n’y a pas d’altération. Ce médecin nous fait à chaque fois le coup”, a-t-il taclé, “ce que l’accusé a commis, c’est un geste monstrueux. On tue la personne qui nous a donné la vie. Et l’explication la plus simple, c’est de dire qu’il est fou”.

On peut aimer et tuer, malheureusement”

Parties civiles au procès : deux fils de la victime de 78 ans et plusieurs de ses petits enfants qui entretiennent depuis de longues années des rapports conflictuels avec l’accusé.

Cette dame voulait vivre. Elle aimait la vie (…) Qu’on ne vienne pas nous dire qu’il était tout seul, qu’il ne pouvait pas s’en sortir (…) Il avait des portes de sortie, mais il ne les a pas prises”, a regretté leur avocate Me Isabelle Nougaro.

Il y a un commandement : ‘Tu honoreras ton père et ta mère’ et un deuxième : ‘Tu ne tueras point’ (…) Il a décidé ce matin-là de prendre la vie de sa mère, laquelle lui a dit : ‘Je veux vivre, arrête’. Elle s’est débattue comme une lionne et il ne lui a laissé aucune chance”, a encore soufflé la pénaliste.

Christian, au-delà de ce qu’il a commis, n’est pas un monstre”, a contrebalancé l’avocate du quinquagénaire, Me Béatrice Eyrignoux, “je ne suis pas en train de dire qu’il faut l’excuser, le pardonner, mais il faut le comprendre”.

On peut aimer et tuer, malheureusement. Il aimait sa mère. Quand on prend la charge de quelqu’un, on prend aussi beaucoup de charges émotionnelles. Cela faisait des mois que ça n’allait pas, qu’il était en burn-out”, a-t-elle poursuivi.

Dernier à prendre la parole à l’audience, le quinquagénaire a conclu : “Je suis conscient du mal que j’ai fait et des répercussions sur mes proches. Je suis le seul responsable. Je ne veux pas fuir mes responsabilités”.

Il dispose de 10 jours pour faire appel du jugement.

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