Aux assises, un SDF sur le banc des accusés pour coups mortels

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Un homme de 56 ans, sans domicile fixe et atteint de schizophrénie, comparaît devant la cour d’assises pour des coups mortels portés à un autre SDF de 70 ans. Un procès qui met en lumière la grande précarité dans les rues de Papeete.

Le troisième procès de la première session d’assises de l’année s’est ouvert ce mercredi. Sur le banc des accusés, un homme de 56 ans, sans domicile fixe, poursuivi pour avoir porté des coups ayant entraîné la mort d’un autre SDF de 70 ans.

La victime, particulièrement vulnérable en raison de son état physique, partageait avec l’accusé un abri de fortune dans un parking du centre-ville. Depuis son interpellation jusqu’à aujourd’hui, l’accusé affirme ne pas l’avoir frappé. Pourtant, quelques mois avant le drame, il l’avait violemment agressé parce qu’il faisait trop de bruit. Le septuagénaire s’était vu fixer une ITT de 21 jours.

Le jour des faits, la victime est retrouvée inconsciente, ensanglantée, mais toujours vivante. Des passants et des automobilistes l’avaient vu, sans intervenir. Une personne avait fini par alerter les secours, et la victime avait été prise en charge. Elle décèdait quatre jours après à l’hôpital, des suites de ses blessures.

Pour la partie civile, ce dossier dépasse le seul cadre pénal. « Ce dossier met vraiment en lumière la misère sociale qu’on retrouve en Polynésie et dont souvent on ne parle pas et qui est quelque part d’actualité, ça tombe au même moment que ce reportage au FIFO sur ce sujet-là où la plupart des gens ferment les yeux sur cette situation catastrophique aujourd’hui et se sentent vraiment les oubliés de la rue, de la société », souligne Me Hina Lavoye.

L’accusé, diagnostiqué schizophrène, a effectué plusieurs séjours en hôpital psychiatrique. Il bénéficie d’une aide financière mensuelle de 80 000 Fcfp, mais il lui arrive de ne pas pouvoir payer ses médicaments.

Pour la défense, la question de la prise en charge est centrale. « Tout cela nous ramène à une pauvreté intellectuelle, à des troubles psychiatriques qui sont parfois totalement diagnostiqués mais dont l’accompagnement n’est pas forcément suffisant », estime Me Isabelle Nougaro.

L’homme encourt jusqu’à 15 ans de réclusion criminelle. Si l’absence de discernement était retenue par la cour, la peine pourrait être aménagée au profit d’une prise en charge psychiatrique.

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