C’est une juridiction qui ne connaît pas la crise. En 2025, le Tribunal Administratif de la Polynésie française a vu son activité bondir de plus de 16 %. Une hausse qui confirme la judiciarisation croissante des relations entre les citoyens et l’administration.
« 2025, pour le Tribunal Administratif de la Polynésie française, c’est une année plutôt fructueuse puisque nous avons enregistré plus d’affaires qu’en 2024. Plus de travail, mais ça reste important. Et surtout, nous avons jugé plus d’affaires qui n’en aient entrées. Alors, si on a eu plus de 16 % d’entrées, portant ce nombre de requêtes à 612, on en a jugé un petit peu plus, ce qui nous a permis de réduire nos stocks et ce qui nous a permis surtout de réduire nos délais de jugement, qui n’étaient déjà pas très long » déclare Pascal Devillers, président du Tribunal Administratif de Polynésie française.

Résultat : pour les dossiers les plus complexes, la juridiction de Papeete affiche désormais un délai de traitement inférieur à 7 mois. Un chiffre particulièrement bas, comparé à la métropole, où les justiciables doivent patienter en moyenne plus de 19 mois. Mais derrière cette performance se cache une évolution préoccupante : l’explosion des litiges liés à la fonction publique, devenus le principal moteur de l’activité du tribunal.
« En 2025, ce qui a été très frappant, c’est l’augmentation des contentieux de fonctions publiques, puisqu’ils ont cru de 77 %. Ils représentent 39 %, quasiment 40 % de nos entrées, ce qui est important et qui interroge aussi sur cette judiciarisation des relations entre les agents publics et leurs employeurs. Le tribunal administratif est le juge du travail de tous les agents publics qui sont en nombre important, en particulier sur le fenua » ajoute le président du TA.

Dans le détail, 612 requêtes ont été enregistrées en 2025, contre 526 en 2024, soit une hausse de 16,3 %. Les contentieux de la fonction publique ont, eux, progressé de 77 %, avec 207 affaires recensées contre 117 l’année précédente. À ce jour, le tribunal compte encore 242 dossiers en stock, mais il s’agit d’un stock « très jeune », de moins d’un an.
L’année 2026 s’annonce déjà chargée. Une requête est d’ailleurs entrée au tribunal dès ce mercredi : le Port autonome demande l’expulsion du Taporo 7 hors de la zone portuaire. D’autres dossiers sensibles sont également attendus, comme ceux liés à l’importation des antennes Starlink, sans oublier les élections municipales : « 2026, ce sera essentiellement pour nous une année avec des élections municipales et des contentieux d’élections municipales, puisque tous les 6 ans, on en enregistre un nombre assez substantiel. Et le tribunal doit les juger en 3 mois ».



