Accident mortel à Excelsior : prison ferme requise contre le président du club tahitien

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Comment la petite Kelia a-t-elle pu mourir arpès la chute d’une cage de buts de football? Les faits, survenus à Excelsior en octobre 2020, ont secoué l’opinion publique. Le procès de l’association et de son président s’est tenu ce matin. Le parquet requiert deux ans de prison dont un an ferme contre le prévenu, et quatre millions de Fcfp d’amende contre l’association.

5 ans et demi après le drame, personne, à La Mission, n’a oublié cette soirée du 9 octobre 2020, où la petite Kélia, 8 ans, a perdu la vie, après la chute d’une cage de buts vétuste et instable.

Deux ans avant l’accident, la section football du club Excelsior avait réclamé une subvention pour le remplacement de ces buts, vieillis par des dizaines d’années d’usure. Elle ne l’a obtenue qu’après l’accident, en 2022.

Ce matin, l’association Excelsior et son président, Bruno Tehaamoana, comparaissaient devant le tribunal correctionnel pour homicide involontaire et manquement à une obligation de prudence ou de sécurité.

« L’association avait formulé une demande de subvention en 2018, qui avait été refusée par le syndicat mixte de la commune de Papeete. Ils ont refait une demande de subvention auprès de la Polynésie française en 2019, elle n’a été versée qu’en 2022. Plusieurs années avant l’accident, l’association n’a pas les fonds disponibles (…) pour financer 2 millions pour acheter les cacges de but, puisqu’elle s’occupe de personnes défavorisées à Papeete » , explique Me Édouard Varrod, avocat de Bruno Tehaamoana. Pour le conseil, « la dangerosité des cages de but a été prise en compte » par le club.

Ces dernières ont été changées. Mais l’AS Excelsior, qui paie chaque mois un loyer au CAMICA pour l’utilisation du terrain, attend la reconduction de son bail depuis 10 ans. Une situation qui l’empêche de souscrire à une assurance.

(Crédit : TNTV)

Des faits, qui pour le procureur, démontrent que l’association n’a pas compris l’infraction commise, ni ses responsabilités. Les réquisitions sont lourdes : deux ans de prison dont un an ferme pour le président de l’association, et deux millions de Fcfp d’amende. Quatre millions pour l’AS Excelsior.

« C’est la position du parquet qui, à mon avis, a une méconnaissance profonde de la réalité de ce qu’est une association sportive, estime Me Varrod. Moi, je ne comprends pas que le parquet n’ait pas mis en cause aussi la Polynésie française en disant ‘Un an avant les faits, vous aviez accordé une subvention pour changer les cages de foot et malgré les relances qui avaient été faites, vous n’avez pas attribué les fonds’. Que s’est-il passé ? » interroge-t-il.

Si les réquisitions sont suivies, cela compromettrait l’avenir du club. « S’il devait être condamné pénalement (…), à ce moment-là, le club, il envisagerait presque de mettre la clé sous la porte (…). Personne ne reprendra ensuite la direction d’un club où le précédent président finit en prison » ajoute Me. Varrod. Dire que c’est de la responsabilité du président tout seul et qu’il doit finir en prison, ça me paraît totalement démesuré » , conclut-il.

Le tribunal rendra sa décision le 12 mai prochain.

Très investie dans la section tennis du club : la famille de Kelia n’a pas souhaité se porter partie civile. Elle souhaite que la structure continue à accueillir les familles du quartier de La Mission.

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