IA dans l’administration : Ce que les agents du Pays ont désormais le droit de faire (ou pas)

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L’utilisation de l'intelligence artificielle par les agents du Pays est désormais encadrée. Une "charte relative à l'utilisation de l'IA" a été publiée au Journal officiel. Signé par la Vice-présidente Minarii Galenon, ce document définit les lignes rouges à ne pas franchir — notamment sur la protection des données sensibles et le droit d'auteur — tout en listant les usages autorisés pour moderniser l’administration. Entre gain d’efficacité et vigilance éthique, voici ce qui change concrètement pour les agents du Fenua.

Ces dernières années, les contenus générés par l’intelligence artificielle sont visibles partout, y compris dans les communications officielles du Pays et des institutions locales. Lors de l’émission Tu’ati Paroles croisées sur les IA génératives l’an dernier, le président du Pays avait évoqué la possibilité de « poser le sujet administrativement sur la table ».

C’est désormais chose faite. Une « charte relative à l’utilisation de l’intelligence artificielle par le gouvernement et les services de la Polynésie française » a été publiée au Journal officiel, signée par la Vice-présidente Minarii Galenon et datée du 27 janvier.

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« L’Intelligence artificielle (IA) évolue rapidement et transforme en profondeur de nombreux secteurs, dont les services publics, est-il écrit en préambule. L’administration du pays commence à intégrer des outils d’IA pour gagner en efficacité, automatiser certaines tâches ou faciliter l’analyse de l’information. L’IA ouvre de nouvelles perspectives pour notre administration (…) Pour en tirer pleinement avantage, l’administration doit encourager l’innovation dans le respect des réglementations et de l’intérêt des usagers. »

La charte vise à « garantir un usage responsable, éthique et maitrisé de l’IA ». Elle mentionne certains risques liés à l’utilisation des intelligences artificielles : « biais et discrimination », « manque de transparence », erreurs, contenus inexacts, mais aussi « atteintes à la vie privée ».
« L’introduction de données personnelles, sensibles ou confidentielles (par exemple : identité, situation sociale, dossier administratif…) dans des outils non validés est susceptible de constituer une violation de la vie privée, préviennent les auteurs de la charte. Par ailleurs, certains dispositifs peuvent impliquer des transferts de données vers des serveurs situés hors de l’Union européenne, sans garanties appropriées, exposant ainsi les informations à des usages non contrôlés.« 

Dans ce document, il est recommandé aux agents de valider tout résultat généré par une IA, de faire preuve d’esprit critique ou encore de privilégier les IA faisant mention de leurs sources. Il leur est bien sûr fortement déconseillé de communiquer des données sensibles voire confidentielles aux IA.

Un court paragraphe mentionne les interdictions :

 » – reproduire des contenus protégés par le droit d’auteur.
– utiliser un contenu généré par une IA sans relecture ni vérification ;
– déléguer entièrement une tâche de réflexion, d’analyse ou de production intellectuelle à une IA ;
– déléguer à une IA des tâches ou décisions engageant juridiquement l’administration ;
– confier à une IA la prise de décisions automatisées sans intervention ou supervision humaine ;
– transmettre à une IA non validée, des données protégées, personnelles, stratégiques ou d’autres données couvertes par le secret professionnel ; »

Un autre paragraphe énumère les usages autorisés :
« – faciliter la recherche ;
– effectuer une prise de notes, élaborer des comptes-rendus de réunions ;
– rédiger, corriger, traduire et faire la synthèse de documents ;
– produire des images et contenus visuels ;
– Analyser et modéliser des données publiques. »

Les agents de l’administration ne pourront pas utiliser n’importe quelle IA, et encore moins avec un compte personnel. En 2025, un Appel à manifestation d’intérêt a été lancé au niveau de l’État. Cent solutions d’intelligence artificielle ont été sélectionnées. Il est tout de même recommandé aux agents de « faire les vérifications nécessaires » avant de faire leur choix.

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