Connexion perturbée, câble Manatua endommagé… L’opérateur historique d’Internet Onati (Vini) a été sous le feu des critiques récemment. De nombreux usagers se disent déçus et le font savoir.
Si l’entreprise a bien communiqué sur ces perturbations, les explications données ont laissé les internautes dubitatifs. « C’est vrai qu’on a du mal à comprendre qu’en 2026, quelques vagues un peu fortes du côté de Hawaii puissent perturber la communication qui est la nôtre aujourd’hui », tonnait récemment le président de l’Organisation des professionnels du numérique Olivier Kressman.
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« Ce qu’il faut comprendre, c’est qu’en fait, pour aller chercher l’Internet à l’international, il faut qu’on aille jusqu’à Los Angeles. Et nos câbles sous-marins, notre câble sous-marin actuel, Honotua, il passe par Hawaii avant de rejoindre Los Angeles, explique Moana Allain, le chef du département Réseaux infrastructures d’Onati. Et au-delà de Honotua, on a plusieurs fournisseurs, en réalité, de liaisons qui nous permettent de rejoindre Los Angeles, dont certains liaisons passent par l’intérieur des îles Hawaii. En particulier, il y a un câble sous-marin entre Oahu et Big Island, par exemple. Ensuite, sur Oahu, il y a des parcours terrestres de liaisons, en réalité, qui appartiennent à nos fournisseurs et qui nous permettent de transporter le trafic jusqu’à Los Angeles, toujours, à travers des câbles sous-marins encore qui vont de Hawaii à Los Angeles. »

Des événements impactant les ramifications de Honotua, qui dépendent de fournisseurs américains, peuvent donc avoir une incidence sur notre connexion au fenua. Ainsi, un incendie, et deux ouragans, ont mené à des ralentissements d’Internet dans nos iles. « Tous ces petits morceaux de réseau aboutis à notre câble Honotua peuvent être des facteurs de panne, et on ne les maîtrise pas toujours. On a des contrats avec eux, on a plusieurs liaisons pour essayer d’éviter qu’il y ait des pannes trop importantes, mais ça arrive. »
Manatua qui sert normalement de secours est endommagé et toujours en cours de réparation : « Avec les trois autres pays du consortium auquel appartient ce câble, puisque nous ne sommes pas seuls sur Manatua, c’est un consortium de quatre pays, et donc on cherche des solutions pour réparer Manatua. C’est la priorité une aujourd’hui, pour justement être moins sensibles qu’aujourd’hui de ce qui peut se passer au bout de Honotua, finalement. »
D’où l’intérêt pour le Pays d’utiliser plusieurs câbles sous-marins. « Demain, une fois que tous les câbles Google seront installés, il y aura quasiment zéro possibilité qu’on perde la connectivité Internet », déclarait début septembre le président du Pays lors de la cérémonie d’atterrage du câble Honomoana.
Alors, à quelle échéance peut-on espérer avoir une connexion stable ? « C’est difficile à dire parce qu’on dépend du programme de Google, qu’on ne connaît pas complètement encore aujourd’hui. Ils sont en train de construire plusieurs câbles dans le Pacifique, des dizaines de milliers de kilomètres de câbles. On a une estimation dans le courant de l’année prochaine, à partir du milieu de l’année prochaine, mais on n’a pas vraiment de date précise aujourd’hui », déclare Moana Allain.
En attendant, quelle solution pour une connexion stable ? Le club des directeurs de Systèmes d’information (DSI) s’inquiète des conséquences dans les secteurs « essentiels » de la santé, du tourisme ou encore de la sécurité… : « C’est une responsabilité du Pays et des opérateurs locaux de trouver cette solution de backup. »
Le club des DSI dit « comprendre » ceux qui se tournent vers Starlink. « Mais pour nous, c’est un raccourci, c’est un biais cognitif d’aller sur la solution la plus rapide. On préfère, nous, travailler avec les opérateurs locaux en leur exprimant nos besoins, en leur disant « écoutez, on a véritablement besoin d’avoir cette solution de backup, et on sait qu’ils y travaillent. On a rencontré Onati juste après la publication de notre communiqué et on en a parlé avec eux toute la matinée. C’était très, très instructif, et on est rassurés. »
« On travaille sur les prix »
Enfin, la question qui taraude les internautes, c’est évidemment celle des tarifs… « Il va y avoir une capacité de débit supplémentaire. L’impact sur les tarifs, c’est quelque chose qui est un peu plus difficile à évaluer (…) Le câble Google arrive à San Diego. Après, on recherche aujourd’hui des solutions pour rejoindre Los Angeles et des contrats aussi pour transporter le trafic jusqu’à Los Angeles en particulier. Et on n’a pas encore la totalité de ces coûts-là. On est en train d’évaluer ce que va coûter cette redondance supplémentaire, finalement cette voie supplémentaire. C’est un système qui s’ajoute aux autres, il faut bien comprendre. Ça ne vient pas retirer d’autres systèmes qu’on a déjà. Donc oui, on travaille sur les prix. Il va y avoir certainement des augmentations de débit sur les offres l’année prochaine. Mais voilà, on est en plein travaux là-dessus. »



