Moanaura, tabassé « gratuitement » en sortant de boîte car « blanc de peau »

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Samedi dernier aux alentours de 4 heures du matin, Moanaura a été violemment frappé alors qu’il sortait d’une boîte de nuit de Papeete. Une agression « gratuite » liée, selon lui, à sa couleur de peau. Bien que né en Polynésie d’une mère tahitienne, le jeune homme de 25 ans dit régulièrement subir des injures racistes. « Sur les centaines de fois où je suis sorti, il y a peut-être uniquement une dizaine de fois où l’on ne m’a pas insulté », déplore-t-il. Témoignage.

Les faits se sont déroulés à l’aube, à Papeete. Moanaura* rentrait chez lui après avoir passé la soirée avec des amis lorsqu’il a croisé la route d’un groupe d’individus fortement alcoolisés.

« J’ai vu une trentaine de personnes, mais il y a eu 2 auteurs principaux qui m’ont agressé, principalement pour ma couleur de peau, gratuitement. Je sortais juste de boîte de nuit. Je me suis approché d’eux amicalement. Je leur ai dit : ‘Ia ora na’ et l’un d’eux a commencé à me frapper. Il pensait que je n’étais pas Tahitien. Il ne savait pas que j’étais ‘demi’. Il m’a dit : ‘sale blanc’ », raconte le jeune homme.

« J’étais un peu perturbé, mais ça ne m’a pas étonné », poursuit-il, « ce genre de remarques m’arrive souvent car je m’habille comme un popa’a et aussi parce que je suis blanc de peau ».

Moanaura parvient toutefois à s’éloigner, mais un autre jeune le rattrape rapidement : « Quand je me suis retourné, il m’a donné un coup de pied dans le nez ».

Le jeune homme souffre aujourd’hui d’une fracture du nez et a déposé une plainte à la DTPN. L’auteur principal des coups a rapidement été interpellé par les policiers et il sera prochainement convoqué au tribunal pour être jugé.

Cette douloureuse expérience ne surprend pas vraiment le jeune homme car, ces dernières années, il a été fréquemment pris pour cible.

« Je sortais très régulièrement. Presque tous les week-ends. Sur les centaines de fois où je suis sorti, il y a peut-être uniquement une dizaine de fois où l’on ne m’a pas insulté ou l’on ne m’a pas fait de remarques par rapport à ma couleur de peau. Je me suis fait traiter de ‘taioro’, de ‘petea’, de dégager, de rentrer dans mon pays alors que j’ai eu beau dire que je m’appelais Moanaura », souffle-t-il.

Le jeune homme a le sentiment que la situation s’est détériorée dans les rues de la capitale depuis quelque temps. «

«Ce qui me surprend, c’est que cela m’arrive que maintenant. Beaucoup de personnes de la police ou des urgences que j’ai pu rencontrer lors des examens m’ont dit que Papeete n’est plus considéré comme une ville sûre », conclut-il.

*Prénom d’emprunt

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