Agression sexuelle présumée en marge de la Tahiti Pro : aucun surfeur local ne serait mis en cause, selon la FTS

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Après la suspension provisoire du surfeur mexicain Alan Cleland Jr. par la World Surf League, à la suite d'accusations liées à une soirée organisée en marge de la Tahiti Pro en août dernier, la Fédération tahitienne de surf réagit, et rappelle avoir mis en place un dispositif permettant aux victimes ou aux témoins de signaler des comportements inappropriés.

Le monde du surf est secoué par des accusations d’agression sexuelle présumée sur une adolescente australienne, lors d’une soirée privée organisée à Tahiti en août dernier, en marge de la Tahiti Pro. Le surfeur mexicain Alan Cleland Jr., 24 ans, premier représentant de son pays à avoir intégré le Championship Tour (CT), a été provisoirement suspendu par la World Surf League (WSL).

Selon le site Surfing World qui a révélé l’affaire, les faits présumés impliqueraient au moins trois hommes. D’après nos informations, il s’agirait de trois photographes, dont l’un installé depuis de nombreuses années au fenua. Leur rôle exact dans cette affaire reste toutefois à établir.

La WSL, qui évoque dans un communiqué des accusations d’une extrême gravité, a confirmé que les faits présumés se seraient déroulés en dehors de toute compétition officielle. Une procédure disciplinaire est en cours.

Sur le plan judiciaire, le parquet de Papeete a indiqué qu’aucune enquête n’avait été ouverte localement, précisent nos confrères de Radio 1.

Interrogé ce lundi matin par TNTV, Kevin Bourez, cadre technique fédéral de la Fédération tahitienne de surf (FTS), condamne fermement ce type de comportement.

« Cela ne renvoie pas du tout une image positive du surf au niveau international. Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que cela s’est passé en dehors de la compétition, même si cela concerne un surfeur du CT. En tout cas, nous, au sein de la Fédération, on condamne à 100 % ce type d’action. »

Il souligne qu’à sa connaissance, aucune personne du fenua n’est directement impliquée dans cette affaire.

« Il n’y a aucun staff, aucun surfeur, aucune personne de Tahiti ou licenciée de la Fédération tahitienne de surf qui est directement liée à cette affaire. Donc c’est une petite forme de soulagement. Mais ça reste une grosse onde de choc d’entendre qu’une jeune fille ait subi ce genre d’acte. On va attendre d’avoir des réponses de la justice. »

Un dispositif de signalement pour libérer la parole

Cette affaire remet en lumière la question des violences et du harcèlement dans le milieu sportif. À Tahiti, la Fédération de surf a déjà mis en place un dispositif destiné à faciliter les signalements et à accompagner les victimes.

Des affiches munies d’un QR code sont notamment installées lors des compétitions. Elles permettent d’accéder à un formulaire en ligne sur lequel toute personne peut signaler des faits, sans avoir à s’adresser directement à un interlocuteur : « Les personnes sont à l’abri, derrière leur téléphone, elles ne sont pas en contact direct avec une personne, ce qui permet peut-être d’ouvrir un peu plus le dialogue, et de rendre un peu plus accessible cette dénonciation. (…) L’objectif, c’est de protéger la victime, de lui donner la parole, qu’elle ne garde pas pour elle ».

« C’était très important de mettre en place ce process pour pouvoir signaler, alerter et soutenir les victimes et les différentes personnes qui sont victimes de ce type de violences et de harcèlement. Il faut que n’importe qui puisse dénoncer et prendre la parole pour dénoncer ce type d’acte », rappelle Kevin Bourez.

Le dispositif vise notamment les plus jeunes, parfois peu conscients des différentes formes que peuvent prendre les violences, en particulier verbales.

Plusieurs signalements ont déjà été enregistrés, indique le cadre technique fédéral, sans toutefois nécessiter l’intervention des forces de l’ordre. La Fédération dispose d’une commission de discipline pouvant prononcer des sanctions allant de l’avertissement à l’exclusion. Les autorités compétentes peuvent être saisies lorsque la situation le nécessite.

Une charte de bonne conduite pour les sportifs et les encadrants

La prévention passe également par la sensibilisation des jeunes surfeurs et de leur encadrement. Lors des déplacements, chaque athlète et membre du staff doit signer une charte de bonne conduite expliquant les différentes formes de harcèlement et de violences.

« Ce n’est pas parce qu’on est avec des sportifs qui sont souvent mis en lumière, qui deviennent des idoles de nos jeunes, qu’ils sont à l’abri de tout type de comportement. Personne n’est à l’abri. Il faut bien faire les choses. On défend des valeurs dans tous les sports qui sont le respect, l’estime de soi, la discipline, etc. Cette valeur du respect est très importante », insiste Kevin Bourez.

Pour le responsable, la priorité reste de permettre aux victimes de s’exprimer et de dénoncer les comportements inappropriés, dans un milieu où ces questions demeurent encore taboues.

« Personne n’est à l’abri de ce genre de comportement et ce qu’il faut faire, c’est ouvrir la parole, prendre son courage à deux mains et dénoncer tout ça. »

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