Journée mondiale des océans : bénévoles et associations mobilisés pour nettoyer le littoral

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À l’approche de la Journée mondiale des océans, célébrée le 8 juin, plusieurs associations ont organisé ce week-end des opérations de nettoyage. À Punaauia du coté de la Pointe des Pêcheurs et sur la plage de PK18, entre ramassage de déchets sur le littoral et lutte contre une algue invasive menaçant les récifs coralliens, bénévoles et habitants ont uni leurs efforts pour préserver le milieu marin et sensibiliser le public à sa protection.

Gants aux mains, sacs poubelles à la main, adultes et enfants se sont mobilisés dès les premières heures de la matinée à la Pointe des Pêcheurs, ce samedi à Punaauia. Réunis à l’initiative de l’association Tamarii no Nuuroa, les bénévoles avaient pour mission de nettoyer le bord de mer ainsi que les abords des routes du secteur. Une mobilisation devenue un rendez-vous régulier pour l’association. Son président déclare : « On le fait chaque année, peu importe s’il y a beaucoup de déchets ou pas, on le fait et on le fera encore demain. Les institutions devraient ouvrir les yeux et nous aider plus par rapport à nos actions en faveur de l’environnement ».

Le nettoyage a aussi eu lieu à la Pointe des Pêcheurs. (Crédit photo : Tahiti Nui Télévisionà

À deux jours de la Journée mondiale des océans, ces bénévoles souhaitent agir concrètement pour leur cadre de vie. L’objectif est double : améliorer la qualité du littoral tout en limitant les impacts sur les écosystèmes marins. « C’est important parce que quand on emmène les gens en snorkeling devant la Pointe des Pêcheurs -c’est un lieu hyper connu pour ça, pour les tortues, pour les dauphins…-, et souvent malheureusement, au fond de l’eau, on voit les déchets, on voit plein de choses qui descendent, soit de la rivière de la Punaruu, ou en règle générale des choses jetées. C’est bien si on peut éviter au maximum d’avoir tout ça » indique Emma, une bénévole.

 

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Quelques kilomètres plus loin, sur la plage du PK18, une autre opération est menée sous la surface de l’eau. Les participants s’attaquent à la prolifération de l’algue Turbinaria ornata. Si cette espèce fait naturellement partie de l’écosystème marin, sa présence excessive menace les récifs coralliens déjà fragilisés par le réchauffement des eaux et les activités humaines. « Les algues sur les coraux, si elles sont trop nombreuses, elles vont leur cacher la lumière, et comme les coraux sont des animaux qui vivent en symbiose avec d’autres micro-algues, ils ont un besoin vital de lumière. Si on leur cache la lumière, petit à petit, ils vont mourir de faim, parce qu’ils n’auront plus assez de nutriments » explique Hélène Pascal-Mazeau, présidente de l’association Pae Pae No Te Ora.

La chasse aux algues au PK18. (Crédit photo : Tahiti Nui Télévision)

Au-delà de la préservation des coraux, les bénévoles dénoncent également un problème récurrent : l’incivisme. Sur les plages, dans les vallées ou au pied des arbres, les déchets abandonnés restent nombreux. « Comme toutes les années, quand on fait le ramassage, on retrouve pratiquement la même chose : du plastique, un peu de ferraille, des boîtes en carton, de l’alu… c’est assez diversifié » précise Tauaroa Glenn, membre de l’association Tamarii no Nuuroa. « C’est pas bien, il ne faut pas jeter les déchets par terre, il faut les jeter à la poubelle. Il y a plein des poubelles partout donc ils peuvent jeter dedans » rappelle Teanuhai, une bénévole.

Chaque action, même modeste, contribue à préserver un environnement fragile. Un déchet ramassé, c’est un déchet de moins dans la nature. Pour le ministre de l’Environnement, Taivini Teai, ces opérations rappellent l’importance des gestes du quotidien : « C’est un geste citoyen qu’on doit avoir en permanence lorsqu’on se déplace, lorsqu’on va dans les vallées, lorsqu’on va en montagne, lorsqu’on prend notre bateau pour aller sur l’océan… Parce que ce qu’on embarque avec nous comme produits de consommation, eh bien, on les ramène ensuite à la maison et on les met dans un sac poubelle triés pour que ça soit ensuite compacté et ensuite éventuellement valorisé pour certains de nos déchets ».

Ces actions locales s’inscrivent également dans un contexte mondial marqué par les effets du dérèglement climatique sur les océans. Pour Jason Man, militant écologiste et président de Te Motu, la protection du milieu marin constitue un enjeu majeur pour les générations futures. Présent lors de plusieurs conférences organisées ce week-end, il rappelle qu’« on porte dans notre héritage, l’ocean Pacifique, qui est un bien commun pour toute l’humanité. Si l’ocean Pacifique tombe, tout le reste va tomber car c’est une bonne partie de l’ocean qui régule le climat et toute la chaine alimentaire. Donc il faut en prendre soin ».

(Crédit photo : Tahiti Nui Télévision)

À l’issue de la matinée, un volume conséquent de déchets avait été retiré du littoral de Punaauia. Une mobilisation collective qui rappelle que la protection des océans commence souvent au plus près de chez soi.

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