Des milliers de Partula retrouvent les forêts polynésiennes

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Plus de 3 000 escargots Partula viennent d’être relâchés dans plusieurs îles du fenua par les équipes de la Direction de l’environnement (Diren) et de la Zoological Society of London (ZSL). Élevés en captivité pour éviter leur disparition, ces petits mollusques retrouvent progressivement leur milieu naturel. Reste désormais à savoir s’ils parviennent à s’y installer durablement et, surtout, à s’y reproduire.

Ils ne mesurent que quelques centimètres, mais leur retour dans les forêts polynésiennes est le fruit de plusieurs décennies de travail. Plus de 3 000 escargots Partula ont été relâchés cette année dans leur milieu naturel par les équipes de la Diren et de la Zoological Society of London (ZSL).

Ces espèces endémiques des îles de la Société ont été décimées à partir des années 1970 et 1980 par Euglandina rosea, un escargot carnivore introduit pour lutter contre un autre mollusque invasif, l’achatine. Face à l’effondrement des populations de Partula, les derniers individus de plusieurs espèces ont été recueillis et confiés à des programmes d’élevage en captivité, notamment dans des zoos étrangers.

 

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L’escargot Euglandina Rosea (Crédit photo : Tahiti Nui Télévision)

Depuis une dizaine d’années, leurs descendants sont progressivement réintroduits dans les îles dont ils sont originaires.

« Le travail qui a été fait, c’est d’essayer de relâcher les espèces originaires des îles dans les mêmes îles. Donc sur Tahiti on a relâché les espèces de Tahiti, sur Moorea les espèces de Moorea, sur Huahine l’espèce de Huahine, et sur Raiatea, deux espèces », explique Mata’i Depierre, technicien à la Diren.

Une marque fluorescente pour suivre leur parcours

Une fois les escargots relâchés, encore faut-il pouvoir les retrouver. Avant leur retour dans la forêt, les Partula sont marqués sur leur coquille à l’aide d’une peinture réfléchissant les ultraviolets. Les équipes utilisent une couleur différente selon les années, ce qui permet d’identifier les différentes cohortes lors des opérations de suivi.

La technique est particulièrement adaptée à ces escargots, qui sont surtout actifs la nuit. L’enjeu n’est pas seulement de vérifier leur survie : les scientifiques cherchent surtout des individus dépourvus de marquage. Leur présence constitue alors un indice précieux puisqu’elle signifie qu’ils sont nés directement dans la nature. Et les premiers résultats sont encourageants.

« Nous avons deux espèces qui ont réussi à se rétablir dans la nature : la Partula taeniata et la Partula tohiveana, plus grande qui a été libérée plus dans les montagnes. Ils sont toujours difficiles à trouver, nous avons trouvé des bébés et aussi des adultes qui sont nés dans la forêt, mais ils sont très rares », souligne le biologiste Justin Gerlach.

Partula tohiveana, symbole d’un retour encore fragile

L’une de ces espèces est devenue emblématique du programme. En 2025, Partula tohiveana, originaire de Moorea et longtemps considérée comme éteinte à l’état sauvage, a officiellement été reclassée « en danger critique d’extinction » sur la Liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

Ce changement de statut fait notamment suite à la découverte, en 2024 à Moorea, d’adultes nés dans la nature. Une observation particulièrement importante pour les scientifiques, puisqu’elle confirme que les escargots réintroduits sont parvenus à se reproduire sans intervention humaine.

Le retour de l’espèce reste toutefois fragile. Les individus nés dans la forêt demeurent rares et les opérations de réintroduction et de suivi doivent se poursuivre. Mais après plusieurs décennies d’élevage en captivité, voir Partula tohiveana accomplir à nouveau son cycle de vie dans son milieu naturel marque une étape importante dans la sauvegarde de l’espèce.

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