Dans ce courrier destiné au président du Pays, l’inter-syndicale » fait part de la « profonde inquiétude » et de « l’indignation » du personnel de la compagnie.
« Depuis plus de 65 ans, Air Tahiti relie les îles de la Polynésie française. Nous transportons chaque jour des familles, des élèves, des patients, des entreprises, des administrations et des touristes. Notre compagnie a toujours participé au développement de nos îles aux côtés du Pays, sans subvention, et a joué un rôle essentiel pour maintenir le lien entre les populations », écrit-elle en préambule.
Et de poursuivre : « Nous ne sommes pas contre la concurrence mais elle doit s’exercer dans des conditions justes. Le marché du transport inter-îles est petit et fragile (…) Dans un contexte comme celui-ci, toutes les compagnies ont du mal à être rentables (…) Or, nous constatons un déséquilibre dans l’attribution des aides publiques ».
L’inter-syndicale dit déplorer que « le Pays a aidé Air Moana à hauteur de plus de 5 milliards, notamment sous forme de prêts, mais surtout sous forme de défiscalisation de trois avions en un an contre une unique défiscalisation locale pour un avion d’Air Tahiti en 65 ans ».
Des aides accordées au concurrent de la compagnie historique qui, selon son personnel, » lui permettent de proposer des tarifs artificiellement très bas », créant « une concurrence déloyale ».
« A cela s’ajoute l’absence de décision concernant la Délégation de Service Public (DSP) qui crée une grande incertitude pour la population des îles éloignées mais aussi pour nos emplois. Une prolongation d’un an est en cours de négociation, mais après ? Comment pouvons-nous nous projeter au-delà ? », s’interrogé l’inter-syndicale.
Selon elle, le président du Pays affiche en outre un « soutien inconditionnel à Air Moana ». « Malheureusement, nous ne bénéficions pas du même soutien de votre part ni financier ni médiatique. Cette différence de traitement est ressentie depuis plusieurs mois par les salariés et leurs familles », déplore-t-elle.
Les personnels s’interrogent enfin sur la nomination de Lionel Guérin comme directeur général d’Air Tahiti Nui, « sans démission de l’ensemble de ses fonctions chez Air Moana ».
« On peut s’interroger sur la légalité de ce cumul de fonctions, mais dans tous les cas, il nous paraît profondément immoral. Comment ne pas penser que la nouvelle direction d’Air Tahiti Nui qui reste également chez Air Moana ne privilégiera pas cette dernière », écrivent-ils.
« Tout cela provoque chez nous incompréhension, indignation et inquiétude. Nous, les 1 600 salariés d’Air Tahiti et nos familles, restons profondément attachés à notre entreprise et à sa mission : assurer le lien vital entre les populations et toutes les îles », ajoutent-ils.
L’inter-syndicale en appelle à « une égalité dans l’attribution des aides publiques », au « non-cumul des fonctions exercées par monsieur Lionel Guérin » ainsi qu’à « un soutien public clair au personnel de la société Air Tahiti ».
Elle sollicite pour conclure « une rencontre » avec Moetai Brotherson pour « obtenir des garanties claires sur l’avenir de la compagnie, la préservation des emplois et la protection des salariés ».



