Rien de tel qu’une visite de terrain pour comprendre les enjeux maritimes du fenua. Port de pêche, port autonome, chantier naval : mercredi le haut-commissaire Alexandre Rochette a joué les guides pour le secrétaire général à la mer et la directrice générale des outre-mer. « On arbitre bien et on ne choisit bien que quand on est sur le terrain. En venant ici, en voyant le chantier naval, en voyant l’exiguïté du port, le fait que toutes les activités sont très concentrées. On a aussi un sujet en ce moment de stocks stratégiques carburants. Tout ça leur permet d’avoir une vision de ce qu’est la Polynésie, de ses enjeux mais aussi parfois de ses difficultés et donc de voir comment est-ce qu’on peut mieux accompagner les choses. »
Dans une ZEE qui représente 50% de l’espace maritime français, c’est l’occasion pour les acteurs économiques d’afficher une filière pêche intégrée à 100%. De l’hameçon à l’assiette, en passant par la transformation, la construction ou la formation : la Polynésie incarne un modèle de développement durable avec un objectif crédible d’autosuffisance.
Xavier Ducept, Secrétaire général de la mer y croit « beaucoup, j’y crois beaucoup en particulier dans le domaine des produits de la mer au sens large, parce que là vous avez un territoire d’une richesse incroyable, qui est exploité durablement, et qui peut continuer non seulement à participer de l’équilibre alimentaire de la population polynésienne, mais aussi améliorer encore cet équilibre alimentaire. Ça passe par des travaux menés actuellement par différents organismes de recherche sur l’aquaculture, la pisciculture et je pense que là aussi on a vocation, Etat, Pays, à travailler ensemble pour proposer au secteur professionnel de nouvelles solutions qui vont être directement dans l’assiette de nos concitoyens polynésiens ».
Et pour faire durer cet outil, la Polynésie compte sur l’aide de l’Etat, co financeur de nombreuses goélettes. Dont le Havaiki Nui 2. « L’État contribue à protéger cette filière, parce qu’en protégeant notre ZEE, on protège aussi l’ensemble de la filière maritime polynésienne. Et puis l’État est aussi là pour accompagner la filière dans ses évolutions, (…) et avec pour nous le travail qui doit être réalisé de comment construire les outils qui vont être utiles au territoire pour décarboner demain, pour être plus durable demain. »
Mais sans officiers qualifiés pour prendre la mer, la dynamique reste fragile : confrontée à une pénurie de capitaines et de cadres, la Polynésie française mise sur un renforcement de la formation. Un renforcement acté en France par le dernier comité interministériel de la mer.
Anne-Gaëlle Baudouin, directrice générale des Outre-mer, sera sur notre plateau vendredi soir pour le bilan de cette visite.



