Quelques dizaines de francs de différence… parfois plusieurs centaines. Depuis plusieurs jours, de nombreux consommateurs disent avoir constaté des écarts entre les prix affichés en rayon et ceux enregistrés en caisse. Une situation largement relayée sur les réseaux sociaux après la diffusion d’une vidéo devenue virale.
Interrogée par TNTV, une consommatrice explique avoir elle aussi relevé plusieurs anomalies en l’espace d’une semaine. « J’ai remarqué qu’il y avait encore une différence sur le ticket de caisse par rapport au prix que je devais normalement payer. Ça faisait quand même beaucoup de fois sur un intervalle de sept jours », témoigne-t-elle. Selon elle, certains écarts sont loin d’être anecdotiques : « En faisant le calcul sur un paquet de riz, il y avait une augmentation de 32 % entre le prix affiché et le prix facturé. »
– PUBLICITE –
Elle estime que cette affaire a eu le mérite d’inciter davantage de consommateurs à vérifier leurs tickets de caisse : « Aujourd’hui, les gens sont beaucoup plus attentifs. On va tous faire nos courses et beaucoup de personnes me disent que cela leur est déjà arrivé. »
Des remboursements… mais aussi de la frustration
D’autres consommateurs interrogés racontent avoir vécu des situations similaires. L’un d’eux explique avoir acheté une barquette de fraises biologiques affichée à 1 195 Fcfp, mais facturée 1 250 Fcfp en caisse. Ce n’est que le lendemain, en revenant dans le magasin, qu’il constate que le prix en rayon n’a toujours pas été corrigé. Après avoir présenté son ticket, il obtient finalement le remboursement de la différence : « La préposée ne me croyait pas. Elle m’a accompagné au rayon et a demandé que les étiquettes soient changées. J’ai été remboursé, mais je n’ai eu ni excuse, ni merci », regrette-t-il.
Pour lui, cette affaire rappelle surtout l’importance de conserver son ticket de caisse : « Quand le caissier vous demande si vous voulez votre ticket, il faut le prendre. »
Ce même client raconte également qu’à une autre occasion, des oignons rouges lui avaient été facturés comme des échalotes, un produit plus onéreux. Selon lui, certaines erreurs peuvent aussi s’expliquer par le rythme soutenu imposé aux caissiers.
La DGAE distingue l’erreur de la fraude
Pour la Direction générale des affaires économiques (DGAE), il est toutefois trop tôt pour tirer des conclusions. L’enquête devra déterminer si les écarts constatés relèvent d’erreurs ponctuelles ou de pratiques commerciales volontaires. « Ce sont des situations qui peuvent arriver. Compte tenu du nombre de références présentes dans les rayons, il peut y avoir des erreurs. Je ne dis pas que c’est normal, mais elles peuvent exister. À côté de cela, il peut aussi y avoir des opérateurs qui n’appliquent pas volontairement le prix affiché », explique Sabine Bazile, directrice de la DGAE.
À ce stade, l’administration précise qu’aucune conclusion n’a encore été tirée.
Le prix affiché doit être celui payé
La réglementation est en revanche sans ambiguïté : le prix indiqué en rayon doit correspondre au prix payé en caisse. « Le consommateur doit retrouver en caisse le prix affiché à côté du produit. À défaut, une sanction est prévue », rappelle Sabine Bazile.
Aujourd’hui, chaque manquement peut être sanctionné d’une amende administrative de 100 000 Fcfp par produit concerné.
Le futur Code de la consommation, actuellement examiné par l’Assemblée de la Polynésie française, prévoit de durcir les sanctions. Les écarts entre le prix affiché et le prix facturé pourraient être qualifiés de pratiques commerciales trompeuses, exposant les contrevenants non plus à une simple amende administrative, mais, le cas échéant, à des poursuites devant le tribunal correctionnel.
En attendant les conclusions de l’enquête, plusieurs employés de la grande surface étaient occupés ces derniers jours à remplacer ou actualiser les étiquettes de prix dans les rayons. De son côté, la DGAE poursuit ses contrôles afin de déterminer l’origine des écarts signalés par les consommateurs.



