Le Ori Deck, un son purement polynésien à la conquête du monde

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    Le Ori Deck, ce style musical qui a envahi en quelques années les soirées polynésiennes, ne cesse de susciter l’intérêt d’artistes de tous horizons. Aujourd’hui, ce son made in fenua connait un succès grandissant hors de nos frontières. Mais quelle est sa véritable origine ? TNTV a mené l’enquête.

    Un rythme inimitable et identifiable entre mille. Le Ori Deck, est une pure création polynésienne, comme l’explique Manua, alias DNZ.

    « A l’origine, ce sont deux DJs, DJ Venom et DJ Mike, qui ont modifié un peu le Moombahton -un mélange de house et de reggaeton, Ndlr-. Ils ont pris le Moombahton et ils ont rajouté un peu des sons à eux et c’est devenu original, un son original », dit-il.

    Un style musical qui mêle électro et dancehall jamaïcain, avec une touche d’influences polynésiennes. D’après ses premiers adeptes, le Ori Deck serait né il y a une quinzaine d’années sur la côte ouest de Tahiti. Et plus exactement dans la commune de Papara. 

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    « Tous les vendredis, il y avait les trips à Taharu, là au restaurant où le plancher est en deck. Et du coup, Wellas (…), il dansait n’importe comment. C’est à partir de là qu’est née cette danse », croit savoir DNZ.

    Depuis, le Ori Deck n’a cessé d’envahir le paysage musical du fenua. Malgré ses détracteurs, il a inspiré la jeunesse polynésienne à l’instar de DJ Harmelo.

    « Je dis à tout le monde, le Deck, c’est une expérience. Tu peux l’expliquer par mille manières, mais il faut le vivre », sourit-il.

    Créateur d’événements « Deck » sur le fenua et en métropole, Harmelo souhaite aujourd’hui accentuer ses collaborations avec des groupes locaux : « Les deux mondes, traditionnels et modernes, étaient très divisés. Je me suis toujours dit : ‘si je me lance dans cette aventure, je veux rassembler ces deux mondes’ ».  

    Aujourd’hui, c’est avec le groupe Kailoa qu’il collabore. Une formation qui fait les beaux jours de la musique polynésienne et qui n’hésite pas à explorer de nouveaux styles.

    « Chaque génération a ses préférences. Le Deck, ça n’a pas été de ma génération, mais quand je vois mes enfants danser dessus, je me dis, pourquoi pas ? », souligne Thierry, l’un des membres de Kailoa.

    « Tout le monde écoute du Deck à Tahiti », renchérit son acolyte Matiana, « forcément, il fallait qu’un jour, on s’adapte à ce style de musique. Quand Harmelo m’a proposé de faire cette collaboration avec le groupe, on s’est dit, voilà, c’est le bon moment. Il faut y aller. »

    Aujourd’hui, le Ori Deck s’exporte loin des plages de la côte ouest de Tahiti qui l’a vu naitre.

    « Il commence être connu en Europe. Ça, c’est une certitude. Bien que ce ne soit pas encore un style international… quoique si, parce que quand on regarde mes statistiques, le deuxième pays qui m’écoute le plus, c’est le Chili », souligne DJ Harmelo.

    Un engouement sud-américain qu’il constate aussi en métropole grâce à son ami artiste Sykais, originaire, lui, de Colombie.

     « J’ai envie de le mettre en avant de Deck et de faire connaître ça chez moi, en Colombie, en Amérique latine. J’ai envie de montrer vraiment le Deck, parce que c’est vraiment un projet que j’ai en moi aussi », dit-il.

    Le style musical né sur la plage de la Taharuu, pour aujourd’hui gagner les dance floors internationaux, a donc encore de beaux jours devant lui.

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