Tamatoa a résidé à la cité internationale des Arts de Paris durant plusieurs mois. Il fait partie des cinq artistes polynésiens sélectionnés pour aller encore plus loin dans la création. Le styliste s’est dit ravi de cette rencontre artistique qui permet la transversalité, le dialogue entre artistes du monde entier. « Venir ici, c’était inattendu. Ce n’était certainement pas dans mes objectifs 2025. Ça reste une belle opportunité de pouvoir être entouré de différents artistes dans un contexte artistique et un lieu artistique. »
Pour le projet final qu’il a décidé de présenter à la délégation de la Polynésie, Tamatoa a choisi de mêler le style polynésien et parisien. « J’ai mélangé la dentelle et le tifaifai », explique-t-il.
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L’objectif du projet Firi Anoihi, porté depuis 2021 par le Pays, est de faire interagir les artistes locaux avec leurs pairs de l’étranger à Paris.
Taunatere, elle, est créatrice d’arts visuels. Sculpture, peinture, bijoux… la jeune femme a une envie insatiable de créer. Un épanouissement artistique qui prend différentes formes. Taunatere tenait absolument à se confronter au regard des autres artistes. « Je voulais voir comment le monde de l’art fonctionne ici. Par exemple, on a pu voir Art Basel (manifestation d’art contemporain privée à but lucratif se tenant annuellement dans plusieurs pays, NDLR) ou le salon de l’automne et je n’ai jamais vu autant de pièces d’œuvres d’art et d’artistes différents. »

De la pâte à modeler, de l’enfance à la pierre, la sculpture est pour Guillaume l’art qui lui permet de s’exprimer. Très créatif, Guillaume mêle modernité avec légendes et mythes qui témoignent de son attachement à la culture polynésienne. « J’aime beaucoup les poissons. C’est un bestiaire très présent en Polynésie. Beaucoup d’enfants le connaissent, on a grandi avec. On a le sentiment de plonger la tête sous l’eau. J’ai eu envie de recréer ça dans un milieu urbain où on perd un peu la nature. »

L’art comme engagement et combat, c’est aussi ce que souhaite incarner Alexander Lee. Études d’art à Paris, formation aux arts visuels aux États-Unis, c’est un passionné de dessin depuis toujours. Toutes les cultures sont sources d’inspiration pour lui et notamment sa Polynésie avec ses légendes et son héritage ancestral. Avec une détermination sans faille, Alexander nous emporte dans son univers. « La question pour moi, c’est à la fois de se rappeler, mais aussi d’apprendre et de trouver de nouveaux signes. De créer, construire un nouveau langage visuel, sociétal, artistique, civilisationnel. »

Quelques étages plus haut, nous retrouvons Ken. Il travaille des bois locaux, il est tourneur sur bois, un métier ancien et atypique. Avec un savoir-faire d’exception, il peut donner au bois l’illusion de la pierre ou de la nacre. De nombreuses expositions permettent de découvrir les multiples talents de l’artiste. « J’aime bien transformer la matière pour lui donner l’illusion d’un autre matériau comme la pierre, la nacre. Le projet de collaboration était intéressant parce que les artistes français me donnaient une pièce et j’appliquais les techniques que je connais pour donner de la couleur. Je me considère un peu comme un tatoueur sur bois. »
Les artistes ont présenté leur travail à la délégation de la Polynésie à Paris. Une consécration pour eux.



