TNTV : On vient de l’entendre Antony Géros explique que, selon lui, c’est à l’Etat, à qu’il reviendra de trancher sur la légalité de ce délai de 5 jours pour le dépôt d’une motion de renvoi. Confirmez que le haut-commissariat devra se prononcer sur ce point ?
Alexandre Rochatte : « Vous savez qu’on est effectivement garant de la légalité de l’ensemble des actes qui sont décidés en Polynésie française et mis en œuvre au titre de la loi organique. Donc on fait du contrôle de légalité mais si on juge que ça n’est pas que ça n’est pas conforme ou si un tiers décide lui aussi de considérer que ça n’est pas conforme sur les délais, sur le respect de la procédure, il peut aussi saisir le juge administratif et à la fin c’est le juge administratif qui va trancher sur ce point s’il est saisi évidemment ».
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TNTV : Même si l’Etat se présente comme traditionnellement neutre dans les questions intéressants les institutions locales, le président du Pays est dans l’impasse. Le collectif budgétaire a été rejeté deux fois de suite à l’Assemblée. A partir de quel degré de blocage l’Etat considère-t-il qu’il doive sortir de sa réserve ?
Alexandre Rochatte : « Aujourd’hui, il n’y a pas de blocage concrètement. Il n’y a pas de blocage puisque le gouvernement a un budget qui est le budget annuel avec lequel il peut gouverner. Il peut décider de lancer des politiques publiques. Il y a des difficultés à l’Assemblée, mais on a vu des textes comme le Schéma d’organisation sanitaire et de santé qui lui a été adopté la semaine dernière. Donc il y a la possibilité pour le gouvernement de trouver des majorités et ça fonctionne. Il y a des difficultés sur le sur ce collectif budgétaire, qui est un collectif de report de crédits simplement, qui pourrait être validé si l’article 156.1 est appliqué et qu’il n’y a pas de motion de renvoi. Donc en fait les institutions sont là et elles permettent de fonctionner ».
TNTV : Selon les chiffres du président du Pays, 967 chantiers et 20 milliards de francs pour les opérations sont suspendus à cause de ce blocage. Est-ce qu’il y a certains chantiers qui sont co-financés avec l’Etat ?
Alexandre Rochatte : « Oui bien sûr il y a des chantiers qui sont co-financés avec l’Etat, simplement ces chantiers continuent. Aujourd’hui il n’y a pas de quoi payer les factures mais les chantiers continuent et les entreprises continuent leur travail ».
TNTV : Cela pourrait-il impacter les délais de livraison par exemple ?
Alexandre Rochatte : « Je ne sais pas, c’est le président qui pourra se prononcer. Nous on vient, et j’y reviendrai peut-être tout à l’heure, on vient en co-financement, on vient en appui de l’exercice des compétences par la collectivité ».
TNTV : Au sujet de la lutte contre les trafics de drogue, on l’a vu, donc c’est une de vos priorités. Les opérations se multiplient sur terre, en mer et dans les îles. Etes-vous satisfait des résultats ?
Alexandre Rochatte : « C’est difficile de dire qu’on est satisfait sur l’effet qu’on a obtenu. Moi, je suis satisfait de la mobilisation des policiers, des gendarmes, des douaniers et des militaires, quand on en a besoin, qui agissent et qui démantèlent les réseaux, qui déstructurent la façon qu’ont les délinquants de pouvoir trafiquer de la drogue ici en Polynésie française et qui empêchent la drogue de rentrer sur le territoire. Mais on n’a pas fini, évidemment ce travail qui continue, on a besoin de toujours être mobilisés. Vous avez montré un reportage où on agit sur les voiliers, qui sont un des vecteurs d’entrée de la drogue en Polynésie française, mais ce n’est pas le seul évidemment. Ça peut rentrer par les paquebots, ça peut rentrer aussi par les avions et donc on agit sur l’ensemble de ces moyens et on agit aussi partout où le trafic de drogue est là, sur Tahiti évidemment. On a démantelé plusieurs réseaux, les forces de sécurité intérieure l’ont fait. On est aussi intervenu à Raiatea, à Fakarava, donc en fait on intervient partout et toujours ».
TNTV : L’Etat a dépensé plus de 225 milliards de francs en Polynésie l’an dernier, soit près d’un tiers du PIB du territoire. A quoi sert cet argent en priorité et où est-ce que les Polynésiens en voient les effets au quotidien ?
Alexandre Rochatte : « Je pense que les Polynésiens en voient les effets au quotidien tous les jours et dans tout ce qu’ils font. Quand ils mettent leurs enfants à l’école, voilà le premier exemple, puisque l’ensemble des professeurs du premier et du second degré sont payés par des crédits de l’Etat. On a trois grandes missions ici qui sont financées par les crédits de l’Etat. Il y a les missions propres de l’Etat : la protection, la sécurité, on vient d’en parler, tout ce qui permet de payer les forces de sécurité intérieure, les douanes, dans leur action, ce sont des crédits de l’Etat. La vie quotidienne des Polynésiens, l’école, je l’ai citée, mais aussi l’appui de toutes les politiques publiques en matière d’éducation, en matière sociale, en matière d’accompagnement aux travaux d’infrastructure et puis tout un volet de soutien à l’économie qui, là, pour le coup, a une action immédiate sur la vie quotidienne des Polynésiens ».
TNTV : Au sujet de la défiscalisation. C’est un levier économique essentiel en Polynésie française, que ce soit dans l’hôtellerie, la pêche ou encore les transports interinsulaires. Fin 2025, Paris a voulu réduire ses aides de 25% avant de reculer début 2026 sous la pression des élus polynésiens. Le gouvernement central justifiait cette baisse suite à un rapport pointant des abus dans le dispositif. Est-ce qu’il y a eu encore, ces dernières années, des abus constatés ?
Alexandre Rochatte : « Je crois que quand on parle de défiscalisation, il faut rappeler une chose importante, c’est que ce sont des crédits qui viennent ici nets de tout prélèvement, puisqu’il n’y a pas de prélèvement fiscal qui est effectué en Polynésie française. Donc, toutes les aides à la défiscalisation, c’est 12 milliards de francs pour l’année 2025 avec agrément, et en 2024, c’était 5 milliards en plus hors agrément, c’est-à-dire en dessous de certains seuils. Donc, vous voyez le montant qui est extrêmement important. Le sujet, il est évidemment sur le besoin que le budget général de l’État. Il y a des économies à faire sur ses dépenses. Et donc, parmi toutes les dépenses, il y a les dépenses de défiscalisation, d’où le projet de la loi de finance précédente, mais qui, effectivement, a été revu à la baisse par action des parlementaires, mais aussi des entreprises et puis aussi des services de l’État qui ont dit que ce n’était pas justifié de descendre autant. Pour autant, le budget de 2027 qui arrive va être un budget d’effort aussi au niveau national. Et donc, on aura vraisemblablement des efforts à faire aussi sur ce volet ».
TNTV : Parlons du défilé du 14 juillet. À Paris, cette année, pour la première fois, un détachement de 62 militaires des Forces armées du Pacifique va défiler sur les Champs-Elysées. Des Tahitiens représenteront le fenua devant tout le pays. Qu’est-ce que cela représente pour vous ?
Alexandre Rochatte : « Je crois que c’est une reconnaissance, en fait, de l’engagement des Polynésiens et des Polynésiennes dans les armées françaises. Un moment historique, puisqu’on fête cette année le 80e anniversaire du retour des Tamarii volontaires. C’est pour ça, notamment, qu’ils sont sur les Champs-Élysées avec un détachement conjoint avec des Calédoniens pour ce symbole de retour des Tamarii volontaires. Mais, au-delà de ça, je crois que c’est important (…), c’est la reconnaissance de l’engagement de ces soldats polynésiens qui servent dans toutes les armées : la marine, l’armée de l’air, l’armée de terre, et la gendarmerie aussi ».
TNTV : Un mot sur le défilé du 14 juillet à Tahiti ?
Alexandre Rochatte : « Il sera à 9h30. On commencera sur la place Pouvana’a, devant le Haut-Commissariat, et on aura un défilé militaire avec des remises de décorations, puis un défilé populaire avec comme maître mot : c’est ceux qui s’engagent pour nous ».
TNTV : Le défilé est aux mêmes heures que la Coupe du monde avec la demi-finale France-Espagne. Vos pronostics ?
Alexandre Rochatte : « C’est compliqué de faire un pronostic, mais évidemment, au fond de moi, mon cœur me dit qu’on va gagner. J’espère qu’on va gagner largement face aux Espagnols ».



