Week-end de protestations aux États-Unis contre la police de l’immigration

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De nombreux rassemblements se sont tenus samedi à travers les États-Unis pour protester contre les méthodes de la police fédérale de l'immigration (ICE), après le tir mortel de l'un de ses agents contre une femme de 37 ans à Minneapolis.

Dans cette ville du nord du pays, des milliers d’habitants ont bravé le froid (-7 degrés) et les trottoirs glacés et glissants pour converger dans l’après-midi vers un parc enneigé situé non loin des lieux du drame, scandant le nom de la victime, Renee Good, et brandissant des pancartes hostiles à la police de l’immigration.

Drew Lenzmeier, 30 ans, raconte à l’AFP qu’elle a le sentiment de « basculer dans une dictature autoritaire ». « Plus personne n’empêche désormais l’administration Trump de tuer des citoyens, de voler et d’enlever des êtres humains. Il est temps que ça s’arrête. »

 

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(Crédit photo : TIMOTHY A. CLARY / AFP)

En fin de défilé -qui a ralenti devant le mémorial improvisé là où Renee Good a été tuée- Naïma, Américaine de 34 ans d’origine somalienne, dit à l’AFP sa « fierté de voir des gens de tous les âges, de toutes les origines, venant du monde entier, se mobiliser pour soutenir nos communautés ».

A plus de 2 000 km de là, sur la côte Est, à Boston, Bill Torcaso a lui aussi rejoint d’autres protestataires. 

« Le seul principe qui nous unit, c’est l’égalité devant la loi. C’est ce en quoi je crois le plus profondément et c’est précisément ce que je pense que (Donald) Trump bafoue en permanence. C’est inacceptable », dénonce-t-il.

Centaines de rassemblements

Derrière le slogan « ICE out for Good » (« ICE dehors pour de bon », faisant aussi écho au nom de la victime, Renee Good), les appels à manifester sont notamment relayés par le mouvement « No Kings », réseau d’organisations de gauche opposées à Donald Trump. D’autres ont été lancés pour dimanche, plusieurs centaines au total tout au long du week-end.

La mort de cette mère de famille américaine, abattue mercredi au volant de sa voiture, a suscité une forte émotion dans sa ville, bastion démocrate, et au-delà parmi les Américains inquiets des dérives de la lutte contre l’immigration illégale, érigée en priorité nationale par Donald Trump.

(Crédit photo : ETIENNE LAURENT / AFP)

Samedi matin, trois élues démocrates du Minnesota à la Chambre des représentants se sont rendues dans un bâtiment fédéral de la banlieue de Minneapolis où officie la police de l’immigration, dont Ilhan Omar, figure de la gauche américaine d’origine somalienne.

Mais sitôt sont-elles entrées qu’on leur a demandé de partir, ont-elles raconté. « Ce qui s’est passé aujourd’hui est une tentative flagrante d’empêcher des membres du Congrès d’exercer leur mission de contrôle », a déploré Ilhan Omar.

Selon le gouvernement américain, qui parle d’un acte de « terrorisme intérieur », le policier a tiré en état de légitime défense au moment où Renee Good tentait de le renverser avec son véhicule.

Mais plusieurs vidéos prises par des témoins circulant depuis mercredi tendent à suggérer que le policier n’est pas réellement menacé par la conductrice quand sa voiture avance. Elle semble au contraire tenter de l’éviter.

« Pas en colère »

Pour appuyer ses dires, l’administration a relayé vendredi une vidéo prise par l’agent incriminé, Jonathan Ross. 

Le clip montre le SUV rouge de la conductrice en travers de la route enneigée tandis que retentissent des sirènes. 

Au volant, Renee Good lance : « Je ne suis pas en colère contre toi » à l’agent, qui fait le tour de la voiture. Lorsque Jonathan Ross passe devant le capot, elle fait marche arrière, avant d’avancer en tournant, quand des coups de feu retentissent. « Putain de connasse », lâche une voix masculine.

Les élus démocrates déplorent que les enquêteurs locaux aient été écartés des investigations, menées par le FBI.

« C’est le moment de respecter la loi. Le fait que le ministère de la Justice de Pam Bondi et cette administration présidentielle soient déjà parvenus à des conclusions sur ces faits est profondément préoccupant », juge le maire de Minneapolis, Jacob Frey.

Selon le média américain The Trace, spécialiste des violences par armes à feu, Renee Good est la quatrième personne tuée par des agents fédéraux de l’immigration depuis le lancement de la politique d’expulsion de l’administration Trump, et sept autres ont été blessées.

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