Le fils exilé du dernier chah d’Iran a de son côté appelé les Iraniens à de nouvelles actions de protestation, après la vague de mobilisation réprimée dans le sang début janvier, parallèlement à des rassemblements prévus samedi à l’étranger.
Le président américain avait brandi la menace d’une intervention militaire en Iran face à la répression des manifestations qui, selon des ONG de défense des droits humains, a fait des milliers de morts.
Il a ensuite continué de menacer Téhéran si un accord n’était pas conclu avec Washington, notamment sur le dossier nucléaire iranien. Des négociations entre les deux pays ennemis ont repris il y a une semaine à Oman, mais leur poursuite demeure incertaine.
« Il faut passer un accord, sinon ce sera très traumatisant » pour l’Iran, a encore averti jeudi M. Trump, qui avait qualifié les discussions du 6 février de « très bonnes« .
Prochaine phase « très dure »
Faute d’accord, il a dit qu’il passerait à la « phase deux« , qui serait « très dure » pour les Iraniens.
Il a rappelé le bombardement par les Etats-Unis de sites nucléaires iraniens lors d’une guerre de 12 jours déclenchée par Israël en juin.
Après l’envoi en janvier dans le Golfe du porte-avions USS Abraham Lincoln et de navires d’escorte, des médias américains ont indiqué jeudi que le Pentagone avait ordonné à un deuxième groupe aéronaval de se préparer à se déployer dans la région.
Selon le New York Times, le porte-avions Gerald Ford, actuellement dans les Caraïbes, va rejoindre l’Abraham Lincoln.
La nature des cibles que Washington pourrait viser dans le cas d’une intervention n’est pas claire, pas plus que les intentions des Etats-Unis vis-à-vis des dirigeants iraniens.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, en visite jeudi à la Maison Blanche, a dit avoir fait part à M. Trump de son « scepticisme quant à la qualité de tout accord avec l’Iran ».
Il a de nouveau plaidé pour la prise en compte des « besoins sécuritaires » de son pays, pour qui toute négociation irano-américaine doit inclure, outre le dossier nucléaire, les questions des missiles balistiques iraniens et le soutien de Téhéran aux groupes armés régionaux qui lui sont hostiles.
Dans le même temps, Reza Pahlavi, qui vit aux Etats-Unis et n’a pas remis les pieds dans son pays natal depuis la Révolution islamique de 1979, a appelé à manifester samedi à Munich, Toronto et Los Angeles pour réclamer une action internationale contre l’Iran.
Dans un message publié sur X, il a exhorté en outre les Iraniens de l’intérieur à s’associer à ces manifestations en scandant, samedi et dimanche, des slogans depuis leurs fenêtres et leurs toits.
Mardi à Téhéran, à la veille du 47e anniversaire de la Révolution islamique, des Iraniens avaient crié depuis leurs fenêtres des slogans contre le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, selon des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux et vérifiées par l’AFP.
Libérations de réformateurs
Selon le groupe basé aux Etats-Unis Human Rights Activists News Agency (HRANA), au moins 7.005 personnes, la plupart des manifestants, ont été tuées lors des protestations, début janvier, et plus de 53.000 personnes ont été arrêtées depuis.
Parmi elles figurent des membres du courant réformateur, dont la cheffe de la principale coalition des réformateurs, Azar Mansouri, qui a été libérée vendredi sous caution selon son avocat.
Deux autres figures du camp réformateur, Javad Emamont et Ebrahim Asgharzadeh, ont été aussi libérées jeudi soir, selon des médias iraniens.
Un Iranien de 18 ans, accusé d’avoir tué un policier pendant les manifestations, risque lui d’être exécuté, a indiqué jeudi l’ONG Iran Human Rights (IHR).
Selon l’IHR, des centaines de personnes sont poursuivies pour des chefs d’accusation liés aux manifestations, qui pourraient aboutir à leur condamnation à mort.
Selon les autorités iraniennes, les manifestations ont fait plus de 3.000 morts, en grande majorité des membres des forces de sécurité ou des passants tués par des « terroristes« , à la solde d’Israël et des Etats-Unis.



