Un livre dont l’intrigue se déroule en Polynésie accusé de faire l’apologie de la pédocriminalité

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Le roman Corps à cœur, dont l’histoire se situe en Polynésie française, fait l’objet de critiques virulentes après la diffusion d’extraits décrivant des scènes de viols sur mineurs. Une pétition a conduit à son retrait d’Amazon. L’autrice, par la voix de son avocat, assure que son livre vise à dénoncer la pédocriminalité et non à en faire la promotion.

Des scènes explicites de viol de nourrisson et de jeunes enfants, c’est ce que l’on peut retrouver dans le roman de la Française Jessie Auryann intitulé Corps à Coeur. Le récit de fiction qui se déroule en Polynésie française, raconte l’histoire d’une influenceuse érotique invitée par un de ses abonnés au fenua.

Publié en auto-édition sur Amazon, le roman était classé dans la catégorie « Dark Romance » (romance sombre) un genre apparu dans les années 2010. Dérivé de la romance et de la littérature érotique, il met en scène des amours impossibles où les violences psychologiques et sexuelles sont généralement répandues. Mais avec Corps à Coeur, une ligne a été franchie…

Après que des extraits ont été diffusés sur les réseaux sociaux (nous avons choisi de ne pas les diffuser ici), une pétition demandant le retrait du roman a été lancé. La polémique a cependant mené le livre en tête des ventes sur Amazon…

Mardi, l’ouvrage a finalement été retiré de la plateforme. La pétition a recueilli plus de 80 000 signatures à ce jour.

Comment de tels écrits ont pu être publiés sur Amazon ? Sur son site, le géant d’Internet explique qu’il utilise « l’apprentissage automatique, l’automatisation et des équipes humaines pour contrôler le contenu soumis et retirer ce qui ne respecte pas les règles ». Des signalements sont également possibles par les lecteurs après publication. Cela a été le cas pour Corps à coeur.

Jeudi, l’autrice Jessie Auryann s’est défendue publiquement, dans un communiqué transmis à l’AFP par son avocat Me Romain Ruiz, qui a porté plainte notamment pour menaces de mort et cyberharcèlement.

« Aux antipodes d’une mise en valeur du crime, l’ouvrage de Mme Auryann est le fruit d’un travail de plusieurs mois sur les ressorts de la pédocriminalité, qu’il dénonce explicitement et dont il ne fait ni la promotion ni l’apologie (…) les extraits incriminés portent ainsi sur un récit fictionnel, rédigé à la première personne et qui ne valide à aucun moment le point de vue du personnage en question, bien au contraire », affirme l’avocat.

Le livre était accompagné d’un avertissement aux lecteurs et d’une explication sur les raisons qui ont poussé l’autrice à l’écrire, se disant « bouleversée » par le « silence » autour des affaires de pédocriminalité, souligne-t-il.

« Menacée, injuriée, harcelée et mise en danger par des publications révélant de nombreuses données personnelles, Mme Auryann réfute donc toute intention de promouvoir la pédocriminalité », poursuit-il.

« Mme Auryann s’inquiète par ailleurs de la diffusion non souhaitée des passages les plus éprouvants de son livre sur des réseaux sociaux largement utilisés par un public particulièrement jeune », ajoute-t-il.

« Si la liberté de création suppose le droit de heurter, de choquer ou d’inquiéter, c’est précisément parce qu’une œuvre peut susciter le débat, ce qui, en démocratie, est non seulement permis mais également sain », poursuit l’avocat.

« Ce débat n’existe toutefois qu’à la condition que l’œuvre ne soit pas lynchée en place publique par des interprétations subjectives et des lectures partielles voire inexistantes », souligne Me Ruiz.

À l’inverse, la pétition lancée sur Change.org estime que le livre « franchit une ligne rouge éthique et légale qui nécessite une intervention immédiate ».

Le premier tome de Corps à coeur est sorti en 2023 et le second un an plus tard.

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