« Vous vous souvenez quand j’ai donné 10 jours à l’Iran pour CONCLURE UN ACCORD ou ROUVRIR LE DETROIT D’ORMUZ. Le temps presse – 48 heures avant de déchaîner les enfers sur eux » , a écrit le président des Etats-Unis sur sa plateforme Truth Social.
Le 26 mars, M. Trump avait émis un ultimatum de 10 jours à Téhéran pour rouvrir cette voie maritime clé pour l’économie mondiale et bloquée par l’Iran depuis le début de la guerre. A défaut, M. Trump avait menacé de détruire les centrales électriques en Iran, l’échéance ayant alors été fixée au « lundi 6 avril à 20H00, heure de Washington ».
De son côté, l’Iran a annoncé samedi que les navires d’Irak, « pays frère » , n’étaient pas soumis aux restrictions de navigation par le détroit, qui ne s’appliquent qu’aux « ennemis » .
Plus tôt, la centrale nucléaire de Bouchehr, construite avec l’aide de la Russie, a été visée par une frappe. Seule installation nucléaire civile opérationnelle en Iran, elle a déjà été ciblée à quatre reprises depuis le début de la guerre le 28 février.
Selon l’agence de presse Irna, un projectile a touché « une zone proche de la centrale » , où un garde a été tué. Aucun dommage n’a été recensé sur les installations, selon la même source.
La Russie a annoncé que près de 200 des employés du géant nucléaire Rosatom avaient commencé à évacuer la centrale.
Aviateur recherché
Pendant ce temps, Téhéran et Washington s’activent pour retrouver un des deux occupants du premier avion américain à s’être écrasé en Iran depuis le début de la guerre.
L’armée iranienne a affirmé avoir abattu vendredi un chasseur-bombardier F-15E. Un des deux aviateurs s’est éjecté et a été exfiltré par des forces spéciales, le sort du second demeurant inconnu, ont rapporté des médias américains.
La Maison Blanche s’est bornée à dire que M. Trump avait « été tenu informé » de la perte d’un appareil dans le sud-ouest de l’Iran.
Dans une interview à NBC, il a assuré que cela ne changeait « rien du tout » à la tenue d’éventuelles négociations avec Téhéran pour trouver une issue au conflit, qui ébranle l’économie mondiale.
Depuis le début de la guerre, aucun soldat américain n’a été tué ni capturé sur le sol iranien, mais 13 ont péri au Koweït, en Arabie saoudite et en Irak.
Infrastructures visées
Une vidéo authentifiée par l’AFP montre des policiers iraniens tirant en direction d’hélicoptères américains survolant un secteur de la région de Kohgiluyeh et Boyer-Ahmad (sud-ouest).
Des militaires et des membres de tribus locales participent aux recherches et ont « tiré hier (vendredi) soir sur des hélicoptères ennemis en les empêchant d’atterrir » , a affirmé le gouverneur adjoint de la province, Fattah Mohammadi.
S’étendant à plusieurs pays de la région, les hostilités ont fait des milliers de morts, essentiellement en Iran et au Liban, et endommagé ou détruit de nombreuses infrastructures militaires et civiles.
En Iran, un terminal commercial a été ciblé samedi à un poste-frontière avec l’Irak, tuant un ressortissant irakien. Une installation pétrochimique a été visée à Mahshahr (sud-ouest), faisant cinq blessés, ainsi qu’une cimenterie à Bandar Khamir (sud), sans faire de victimes, selon des médias iraniens.
Plus de 30 universités ont été également visées depuis le 28 février, selon le ministre iranien des Sciences.
Manifestations anti-guerre
L’Iran dit viser les pays du Golfe qui abritent des intérêts américains, en représailles aux frappes visant son territoire.
Il frappe aussi Israël où cinq personnes ont été blessées samedi à Tel-Aviv et dans le centre d’Israël après plusieurs salves de missiles ayant causé des dégâts matériels, selon les secours.
Samedi soir, l’armée israélienne a annoncé qu’un nouveau missile avait été tiré depuis le Yémen en direction d’Israël. Il s’agit de la cinquième attaque de ce type au départ du Yémen, où les rebelles houthis alliés de Téhéran sont entrés dans le conflit la semaine dernière.
Au Liban, où l’armée israélienne lutte contre le mouvement pro-iranien Hezbollah, deux fillettes ont été tuées et 40 personnes blessées dans des frappes israéliennes samedi dans le sud du pays, selon le ministère de la Santé.
Israël a annoncé la mort de l’un de ses soldats « au combat » samedi dans le sud du Liban, portant à 11 le nombre de militaires israéliens tués depuis le 2 mars sur ce théâtre d’opérations.
Egalement au Liban, la ville de Tyr a été bombardée samedi, et un hôpital endommagé.
Dans le détroit d’Ormuz, les Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique de la République islamique, ont dit avoir visé par drone un navire « lié » à Israël, qui a pris feu dans un port de Bahreïn.
La navigation s’effectue au compte-gouttes dans ce détroit crucial pour l’approvisionnement mondial en pétrole et en gaz: un second navire appartenant à un armateur turc a pu passer, ainsi qu’un bateau battant pavillon indien chargé en GPL.
Deux manifestations contre la guerre ont eu lieu samedi au Moyen-Orient : à Tel-Aviv, plus d’un millier de personnes se sont rassemblées avant d’être dispersées par la police qui avait limité l’autorisation à 150 personnes pour des raisons de sécurité.
A Bagdad et à travers l’Irak, des dizaines de milliers de partisans de l’influent chef chiite Moqtada Sadr se sont rassemblés pour condamner Israël et les Etats-Unis, et appeler à la fin du conflit.



