Selon la liste annuelle du magazine Forbes publiée mardi, sa fortune atteignait 839 milliards de dollars, contre 342 milliards un an plus tôt. Le suivant immédiat, le cofondateur de Google Larry Page est loin derrière, à 257 milliards.
Ces chiffres, « assez irréels », « sont hautement spéculatifs« , tempère David Kirsch, professeur à l’école de commerce de l’université du Maryland, estimant que ses actifs ne représentent « probablement qu’un tiers » de ce montant.
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« Ma ‘valeur nette’ est presque entièrement dûe aux actions détenues dans Tesla et dans SpaceX », avait d’ailleurs posté Elon Musk mi-février sur le réseau social X, qui lui appartient et qui a été absorbé par sa société d’intelligence artificielle xAI en mars 2025. Cette nouvelle entité a elle-même été absorbée par SpaceX début février.
« J’ai moins de 0,1% de cela en liquidités », avait-il ajouté, relevant que les employés des deux entreprises recevaient « tous des actions et stock-options » et que Tesla était détenu « à plus de 80% par des investisseurs et des fonds de pension ».
Par conséquent, « la valeur augmente pour eux » également, avait-il relevé, comme pour se dédouaner.
Il s’était brièvement hissé au premier rang des fortunes mondiales en janvier 2021. Depuis 2024, il est agrippé à la pole position et creuse constamment l’écart avec le peloton.
Et les actionnaires de Tesla ont validé en novembre un énorme plan de rémunération qui pourrait lui rapporter plus de 1 000 milliards de dollars en dix ans.
Mais, a-t-il assez mystérieusement posté sur X début février, « quiconque a dit que ‘l’argent ne faisait pas le bonheur’ savait vraiment de quoi il parlait ».
Influence géopolitique
Reste que sa fortune colossale lui a permis d’étayer sa vision de la liberté d’expression en rachetant Twitter pour 44 milliards de dollars, ou encore de soutenir financièrement la campagne présidentielle de Donald Trump et d’autres candidats républicains.
Cette proximité avec le milliardaire républicain, pour lequel il a dirigé quelques mois la Commission pour l’efficacité gouvernementale (Doge), a plombé les ventes mondiales de Tesla et le cours de l’action à la Bourse de New York.
« J’aime cette entreprise », expliquait en septembre sur CNBC Aswath Damodaran, professeur de finances d’entreprises à l’université de New York (NYU), « mais je ne veux pas que mes investissements et la politique se mélangent ».
« Mon inquiétude vient du fait que Tesla est devenue une action politique et je suis très mauvais en politique », soulignait-il pour justifier la cession de ses titres Tesla.
Quelques semaines auparavant, début juillet, Elon Musk, en froid avec Donald Trump avait annoncé la création du Parti de l’Amérique, présenté comme une alternative aux partis républicain et démocrate. Mais il n’a jamais vraiment émergé.
Elon Musk, 54 ans, peut aussi poursuivre son rêve de coloniser la planète Mars, avec SpaceX dont il détient environ 42% du capital.
Dans son nouveau périmètre (avec xAI/X), cette entreprise a été valorisée par diverses sources entre 1.250 et 1.500 milliards de dollars et devrait entrer en Bourse à l’été.
Elle possède aussi Starlink, qui fournit internet en hautdébit dans des zones reculées grâce à des milliers de satellites en orbite basse.
Cette constellation est aussi utilisée par des populations pour contourner des coupures gouvernementales d’internet lors d’élections ou de troubles, dans des régimes autoritaires ou dans des conflits, en particulier à Gaza et en Ukraine.
Elon Musk a notamment envoyé des milliers de terminaux Starlink en Ukraine après l’invasion russe, et en a récemment coupé l’accès aux forces russes s’y trouvant.
En 2023, il avait reconnu avoir empêché une attaque ukrainienne contre une base navale russe l’année précédente en refusant à Kiev l’activation d’un accès internet en mer Noire, près de la Crimée annexée par Moscou.
Son patrimoine est aussi constitué de sa société de percement de tunnels The Boring Company et de Neuralink, spécialiste des implants cérébraux.



