Nouvelle-Zélande : le Premier ministre chahuté par des Maoris mécontents

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Le Premier ministre néo-zélandais Christopher Luxon a reconnu jeudi qu'il y avait "encore du travail" pour que les Maoris soient sur un pied d'égalité, dans un discours anniversaire du Traité de Waitangi qui l'a vu chahuté par une foule de Maoris mécontents.

S’exprimant pour l’anniversaire du Traité, texte fondateur de la Nouvelle-Zélande, M. Luxon a reconnu que la population autochtone du pays n’était pas traitée sur un pied d’égalité dans la société néo-zélandaise. 

Son discours a par moments été couvert par des cris et la colère de personnes l’accusant de « trahison ». 

 

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« Aucun pays n’est parfait. Nous sommes tous en chemin », a-t-il dit. « Nous voulons l’égalité des chances » mais « nous avons encore du travail à faire », a-t-il reconnu.

Il a souligné que le fait de pouvoir chahuter et critiquer des responsables politiques à cette occasion était « unique et assez spécial ».

Christopher Luxon, accompagné de membres du gouvernement, lors des commémorations du Waitangi Day à Waitangi, le 5 février 2026. (Crédit photo : Ben STRANG / AFP)

L’arrivée des Européens en Nouvelle-Zélande en 1642 a entraîné la colonisation et des guerres avec les Maoris qui n’ont cessé qu’après le traité de Waitangi de 1840.

Son anniversaire est célébré chaque année par un rassemblement sur le lieu de signature durant lequel des représentants des peuples autochtones peuvent exprimer leurs doléances.

L’an dernier, le responsable ne s’était pas rendu au rendez-vous annuel, évitant les critiques alors que son gouvernement faisait face à la colère des autochtones. 

Un projet de loi sur les principes du traité, considéré par ses détracteurs comme une tentative de réduire les droits accordés à la population maorie, forte de 900 000 personnes, a été particulièrement mal perçu. Il a finalement été rejeté.

Les autorités ont cependant commencé à modifier la la législation et à donner la priorité à l’anglais sur la langue maorie. 

Les écoles ont reçu pour instruction d’enseigner moins de maori, et les nouveaux passeports néo‑zélandais donnent la priorité à l’anglais. 

Le vice‑premier ministre, David Seymour, lui‑même maori, a affirmé jeudi que la colonisation avait bénéficié aux Maoris. 

Prié de s’expliquer, il a souligné que la Nouvelle‑Zélande était une « success story ». « Même les personnes les plus pauvres en Nouvelle‑Zélande vivent aujourd’hui comme des rois et des reines comparé à la plupart des endroits et à la plupart des époques de l’histoire », a déclaré M. Seymour.

Les Maoris restent statistiquement plus susceptibles de mourir prématurément, de vivre dans la pauvreté ou d’être incarcérés que le reste de la population. 

Eru Kapa-Kingi, un leader autochtone, a estimé que sa communauté avait été poignardés deux fois « de face » par le gouvernement et « dans le dos » par les travaillistes dans l’opposition. « Pourquoi continuons-nous à accueillir l’araignée à l’intérieur de la maison ? », a-t-il lancé.

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