Nouvelle-Calédonie : le budget 2026 adopté grâce au soutien financier de l’État

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Le Congrès de Nouvelle-Calédonie a adopté jeudi son budget 2026, rendu possible par un important soutien financier de l'État acté lors des discussions à Paris en janvier, dans un territoire dont l'économie reste exsangue depuis les émeutes du printemps 2024.

Le texte a été voté à 33 voix pour, les dix élus du groupe UC-FLNKS et Nationalistes, principal mouvement indépendantiste, s’étant abstenus.

Trois budgets sont en réalité votés. Le budget propre de 155 milliards de francs Pacifique (1,3 milliard d’euros), qui finance les services publics et les investissements du territoire, est accompagné des budgets destinés aux collectivités locales et aux établissements publics, portant l’ensemble à près de 2,8 milliards d’euros.

Ce montant est en recul d’environ 630 millions d’euros par rapport au budget 2025 de la Nouvelle-Calédonie.

Qualifié de « budget de responsabilité » par le membre du gouvernement calédonien chargé des finances Christopher Gygès, il s’appuie largement sur les aides obtenues à Paris en marge de l’accord Elysée-Oudinot, le 19 janvier, par les forces politiques présentes.

Ce pacte de refondation économique prévoyait le « maintien de l’équilibre global des finances publiques et sociales calédoniennes en 2026 et sur les prochains exercices budgétaires, dans le but d’éviter toute rupture dans le fonctionnement des services publics essentiels et le versement des prestations sociales ».

Le budget combine environ 300 millions d’euros de prêts déjà intégrés au budget primitif et près de 136 millions d’euros supplémentaires obtenus en janvier, notamment une subvention fléchée vers les comptes sociaux et le système électrique, garantissant le versement des retraites et l’équilibre du système de santé.

Le territoire bénéficiera par ailleurs de deux « années blanches » le dispensant de rembourser ses emprunts en 2026 et 2027.

La première version du budget, présentée en janvier, avait été jugée « invotable » par plusieurs élus faute de recettes suffisantes pour tenir jusqu’en décembre.

Les élus indépendantistes de l’UC-FLNKS, qui n’avaient pas participé aux discussions de janvier à Paris, ont salué la « démarche de concertation » du gouvernement tout en exprimant des réserves sur le « lien établi entre le soutien financier exceptionnel de l’État et les discussions relatives à l’avenir institutionnel », appelant à « dissocier ces deux sujets ».

La ministre des Outre-mer Naïma Moutchou a assuré jeudi que le soutien économique promis au territoire se concrétiserait « indépendamment du reste du processus politique ».

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