LFI fête des conquêtes symboliques
Le coordinateur national, Manuel Bompard, a célébré une « percée » qui se « confirme, s’amplifie et se renforce ».
« C’est un formidable désaveu pour toutes celles et ceux qui ont multiplié ces dernières semaines les calomnies contre la France insoumise et ses candidats », a affirmé M. Bompard.
Il a évoqué une « vague dégagiste » touchant notamment les maires sortants socialistes ou écologistes.
LFI a notamment remporté Roubaix, La Courneuve et Vénissieux, mais la plupart des alliances conclues avec les autres candidats de gauche ont échoué.
« Les têtes de listes socialistes sont des boulets pour la gauche », a tancé le député Paul Vannier, estimant que le bilan de LFI est à l’inverse « au-delà de nos espérances ».
Les yeux déjà tournés vers l’élection présidentielle, l’eurodéputée Manon Aubry a affirmé que les résultats des municipales étaient une « source d’espoir pour la suite, et notamment le chemin qui s’ouvre jusqu’à 2027 ».
La gauche cherche un coupable
Une partie des responsables socialistes a semblé regretter la stratégie d’accord au second tour avec LFI. La gauche a en revanche mis en avant ses victoires à Paris ou Marseille, des villes où leurs candidats étaient sans les Insoumis.
Le patron du PS, Olivier Faure, en a conclu que « la provocation outrancière » est une « impasse », mais que les « gauches irréconciliables » le sont tout autant.
Son secrétaire général Pierre Jouvet a accusé LFI de « faire perdre » la gauche, appelant à un rassemblement avec les écologistes.
L’ancien président socialiste François Hollande a critiqué la « direction du PS » qui a défendu « l’union pour l’union ».
La cheffe des Ecologistes Marine Tondelier, dont le parti a subi de lourdes défaites, a jugé que la gauche avait été « toxique pour elle-même dans cette campagne ».
Les députés ex-Insoumis Clémentine Autain et François Ruffin ont déploré les désunions de leur famille politique.
« Déconne pas la gauche », a lancé M. Ruffin, s’estimant « à bord du Titanic » filant droit vers l’« iceberg » du Rassemblement national.
Le « socle commun » avance ses pions
La droite et le centre, qui ont engrangé une belle moisson, ont revendiqué une position d’alternative à La France insoumise et au Rassemblement national.
Le patron de LR Bruno Retailleau a présenté son parti comme une « autre voie » face aux idéologues » de LFI et aux « démagogues » du RN.
Son rival interne, Laurent Wauquiez, a vu dans les résultats une preuve du besoin d’unité.
« Quand la droite a été rassemblée, elle a été en mesure de l’emporter (…) A l’inverse, quand on est divisés, on perd », a dit ce partisan d’une primaire ouverte.
Gabriel Attal, dont le parti Renaissance est gagnant à Annecy et Bordeaux, a déclaré qu’une « immense majorité des Français » refuse la « dérive vers les extrêmes ».
Il a tendu la main aux électeurs de la « gauche républicaine » qui ont été « écœurés » par les accords avec LFI, tout comme à ceux de la « droite républicaine ».
L’extrême droite célèbre sa « percée »
Le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, a affirmé que son parti avait réalisé « la plus grande percée de toute son histoire », avec des victoires dans des villes moyennes mais des échecs à Toulon, Nîmes ou Marseille.
Assurant que le RN et ses alliés n’avaient jamais compté « autant d’élus », il a estimé qu’il était désormais temps de « faire nos preuves ».
Marine Le Pen a assuré que le RN avait remporté « des communes par dizaines », signant selon elle « la confirmation de (sa) stratégie d’implantation locale ».
Le parti à la flamme avait proposé des alliances à la droite dans l’entre-deux-tours, une offre généralement laissée lettre morte.
Le député RN Laurent Jacobelli a estimé que quand « la droite des valeurs et les patriotes s’unissent, ils peuvent gagner ».
Mais « quand la droite refuse la main tendue comme à Nîmes, ce sont les communistes qui gagnent », a-t-il dit, espérant que « tout le monde en tirera les conclusions ».



