Mondial-2026 : après France-Paraguay, l’arbitre au coeur des débats

Publié le

Venue à bout du Paraguay très rugueux (1-0), l'équipe de France s'est qualifiée samedi pour les quarts du Mondial. Mais c'est surtout la mansuétude de l'arbitre ouzbek Ilgiz Tantashev, jugé permissif face aux nombreux actes d'antijeu des Sud-Américains, qui agite les débats dimanche.

Dans une rencontre hachée, marquée par une ambiance très tendue à Philadelphie, les Bleus se sont sortis du piège paraguayen grâce à un penalty de Kylian Mbappé (70e), obtenu grâce à une faute commise sur Désiré Doué.

Une des 13 sifflées par M. Tantashev en faveur des Français : un nombre famélique tant les Paraguayens ont multiplié actes d’antijeu et mauvais gestes tout au long de la partie, des poussettes systématiques sur Michael Olise après qu’il a passé le ballon, aux coups de coude assenés à Kylian Mbappé, Jules Koundé et Dayot Upamecano.

« Je n’avais jamais joué un match comme ça, avec autant de coups, de coups en traitre, de poussées dans le dos. C’était compliqué, mais on a gagné« , a apprécié Bradley Barcola en zone mixte à la fin de la rencontre.

L’arbitre ouzbek n’a cependant distribué aucun avertissement aux joueurs sud-américains, là où les Français repartent avec trois cartons et autant de cadres (Barcola, Michael Olise et Manu Koné) risquant une suspension en demi-finale en cas de nouveau jaune face au Maroc en quart.

« zéro carton jaune »

« Je n’ai rien à dire sur l’arbitrage. Vous avez vu par vous-même, il y a eu 30, 40 fautes, et zéro carton jaune », a déploré Rayan Cherki, entré dans une fin de rencontre électrique où les Paraguayens jouaient autant avec les mains qu’avec les pieds.

« Je ne comprends pas comment les Paraguayens s’en sortent sans carton. Je trouve que l’arbitre n’a pas été à la hauteur de l’affiche », a analysé auprès de l’AFP l’ancien arbitre international Bruno Derrien, louant le calme des Français face aux « petits coups vicieux » de leurs adversaires qui auraient pu les faire réagir et « être sanctionnés, voire même exclus ».

« Tous les coups que j’ai pris, il ne fallait pas que je réponde, il ne fallait pas que je rentre dans ce jeu là », a analysé Barcola, averti dès la 19e minute de jeu.

« J’aurais pris quatre cartons rouges dans ce match », a reconnu sur le plateau de Fox Sports l’ancien attaquant star suédois Zlatan Ibrahimovic. 

Ne mâchant pas ses mots à l’encontre du football proposé par les joueurs de l’Albirroja, la presse internationale n’a pas non plus été tendre avec l’arbitre. La RTBF revient sur « la cataclysmique performance d’Ilgiz Tantashev », quand le journal espagnol AS dépeint « un arbitre ouzbek qui a confondu tolérance et inaction ».

Si le journal L’Equipe lui a attribué la note de 1/10 « sans chauvinisme mal placé », la presse paraguayenne a volé à son secours, ABC évoquant « une prestation correcte et sobre » de l’officiel ouzbek.

« Il a laissé le jeu se dérouler, a fait preuve d’un jugement équilibré tout au long de la rencontre et a dirigé le match sans heurts », a poursuivi le journal sud-américain.

« Beaucoup trop permissif »

Âgé de 42 ans et arbitre de la dernière finale de Ligue des champions asiatique, M. Tantashev participe à sa première Coupe du monde, après avoir officié lors des JO-2024, où il avait déjà eu du mal à tenir une fin de rencontre bouillante entre la France et l’Argentine. 

Avant ce France-Paraguay, il avait déjà arbitré deux rencontres du Mondial-2026 dont l’affrontement entre le Maroc-Écosse (1-0), où la Tartan Army avait déjà dénoncé sa trop grande indulgence.

« Laisser jouer c’est un peu la philosophie de cette Coupe du monde. Mais dans les limites de l’acceptable, tant que le jeu ne dégénère pas », a analysé Bruno Derrien. 

Mais M. Tantashev « était beaucoup trop permissif. Vous ne pouvez pas trop laisser jouer quand vous sentez que le climat devient délétère sur un terrain. Il faut sanctionner », a estimé celui qui a officié en Ligue 1 et en Coupe d’Europe au début des années 2000.

À l’exception d’une semelle de Lionel Messi face à l’Algérie, qui aurait pu mériter un carton rouge, et du but refusé pour la Croatie pour un hors-jeu après une déviation des cheveux captée par des capteurs dans le ballon, « il n’y a pas eu beaucoup d’histoires d’arbitrage » dans ce Mondial, a observé M. Derrien.

« Le sentiment global est que, avec une philosophie de laisser jouer, l’arbitrage est à la hauteur », a-t-il conclu. De quoi rassurer les Bleus avant de poursuivre leur quête de troisième étoile.

Dernières news

A lire aussi

Activer le son Couper le son