Dans un communiqué, le Premier ministre Sébastien Lecornu détaille 1,3 milliard de Fcfp pour la fin 2026 et 5,9 milliardds pour démarrer 2027, via un projet de loi de finances de fin de gestion, texte ajustant le budget de l’année en cours.
Le gouvernement propose ensuite entre 47,7 et 54,9 milliards de Fcfp dans le projet de budget 2027, dont « une majorité de subventions » , un soutien « conditionné à des réformes » et présenté comme « en hausse » par rapport à la trajectoire initiale.
– PUBLICITE –
Après le Premier ministre mercredi, c’est le président Emmanuel Macron qui doit recevoir à son tour une délégation d’élus calédoniens vendredi à 16H00, selon l’Élysée.
Le chef de l’Etat entend marquer la « poursuite de son engagement pour ce territoire » en faisant un point sur l’économie, la vie quotidienne et la situation financière, a dit son entourage à l’AFP.
La proposition du gouvernement correspond « grosso modo à 90% de nos demandes » , a réagi la présidente du Congrès de Nouvelle-Calédonie, Virginie Ruffenach (loyaliste), venue à Paris avec une délégation transpartisane d’élus de cet archipel du Pacifique sud.
Pour la fin 2026, « ça correspond à la totalité de nos demandes » , avec « les 7,2 milliards de Fcfp supplémentaires pour tenir jusqu’à l’année prochaine » .
Pour 2027, « on était partis sur 59,6 milliards de Fcfp« , a-t-elle expliqué, alors que l’État en propose au maximum 54,9. « Donc on est un peu en dessous de ce que l’on avait envisagé, mais c’est une très bonne nouvelle » , a-t-elle poursuivi, avant d’appeler à « consolider tout ça dans les jours à venir avec le Premier ministre » .
Les élus calédoniens ont aussi trouvé l’appui du groupe de contact de l’Assemblée nationale sur la Nouvelle-Calédonie.
Dans un courrier adressé jeudi à Emmanuel Macron et consulté par l’AFP, ce groupe transpartisan juge nécessaires une aide « d’au moins 59,6 milliards de Fcfp, sous forme de subvention, en 2027 » , « une accélération des procédures de reprise des usines de nickel » et « un contrat de désendettement permettant d’apurer la dette liée aux prêts garantis par l’État » . Parmi les douze signataires figurent Bastien Lachaud (LFI) et Philippe Gosselin (LR).
« Clarifications nécessaires »
Mais « il y a des clarifications nécessaires » , a prévenu la présidente du Congrès.
Les 7,28 milliards de Fcfp sont « une avance de trésorerie », à rembourser : « Nous avions convenu avec le Premier ministre que ça soit une forme de subvention l’année qui suit pour qu’on puisse rembourser », a-t-elle rappelé.
Autre point à clarifier, la répartition des 54,89 milliards de Fcfp entre « la part de subvention et la part de prêt ». « Nous ne voulons plus endetter la Nouvelle-Calédonie. Donc nous avons sollicité une part de subvention importante », a-t-elle insisté, le territoire ayant jusqu’à présent reçu « très majoritairement des prêts ».
Emmenée par le président du gouvernement calédonien Milakulo Tukumuli (centriste), la délégation est venue peser sur le niveau et la nature du soutien de l’État. « On ne peut plus nous prêter de l’argent », avait martelé mercredi M. Tukumuli. « C’est intenable pour une petite collectivité. »
Depuis la crise du Covid-19 puis les émeutes de 2024, la Nouvelle-Calédonie a emprunté environ 188,54 milliards de Fcfp en prêts garantis par l’État (PGE), auxquels s’ajoutent près de 130,07 milliards de Fcfp d’intérêts sur la durée des prêts, selon le gouvernement calédonien.
Rien qu’en 2027, il faudra rembourser environ 9,43 milliards deFcfp, d’où l’objectif de remplacer les prêts par des subventions.
Le besoin de financement pour 2027 atteint environ 69,21 milliards de Fcfp, dont 15,16 milliards pour équilibrer le régime des retraites du secteur privé et 22,67 milliards pour combler le déficit de l’Assurance maladie, deux régimes en déficit notamment à cause de la perte de plusieurs milliers d’emplois, donc de cotisations sociales, toujours selon le gouvernement calédonien.
La Nouvelle-Calédonie reste durablement affaiblie par les violences du printemps 2024, qui ont fait 14 morts et plus de 238,66 milliards de Fcfp de dégâts. Au total, 12 800 emplois ont été détruits depuis 2024.



