La capacité de Tuvalu à cesser d’investir dans les énergies fossiles est « limitée », juge Wellington

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La capacité de Tuvalu, archipel du Pacifique fortement menacé par le changement climatique, à empêcher que son gouvernement ne finance les énergies fossiles est "limitée", d'après des documents du gouvernement néo-zélandais impliqué obtenus par l'AFP.

La très petite et fragile économie de l’archipel dépend d’un fonds fiduciaire gouvernemental : les intérêts générés par les investissements à l’étranger sont réinjectés dans le budget national pour financer les dépenses publiques et notamment les coûts exponentiels de la crise climatique que subit l’archipel.

Une enquête de l’AFP en mai a révélé que le gestionnaire de son principal actif financier, la branche australienne de l’entreprise américaine Mercer, avait investi dans des fonds détenant des participations dans de grandes entreprises liées au charbon, au gaz et au pétrole. Or, les énergies fossiles sont la principale cause du changement climatique, une menace existentielle pour les Tuvalu.

 

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Et la marge de manoeuvre de l’archipel concernant ces financements est mince, jugent de nouveaux documents obtenus par l’AFP en septembre.

Le fonds fiduciaire étant de taille modeste à l’échelle mondiale, l’archipel de Tuvalu dispose d’une « capacité limitée à définir des préférences d’investissement spécifiques », indique une note d’information du ministère néo-zélandais des Affaires étrangères.

La Nouvelle-Zélande siège avec l’Australie et l’archipel de Tuvalu au conseil d’administration de ce fonds d’environ 200 millions de dollars créé en 1987. L’entreprise Mercer en a repris la gestion en 2022.

L’argent de Tuvalu a été investi dans des fonds offrant une large exposition à des dizaines d’entreprises dont de possibles « grandes émettrices de gaz à effet de serre », relève encore Wellington.

Analysant 14 fonds Mercer détenus par les îles Tuvalu, l’AFP avait mis en lumière en mai des participations dans le géant indien Reliance Industries, propriétaire de la plus grande raffinerie de pétrole brut au monde, et dans The Southern Company, l’un des plus grands émetteurs de gaz à effet de serre aux États-Unis.

Ces investissements ne font « pas bonne impression pour les Tuvalu » au regard du « très gros travail de plaidoyer que nous menons pour lutter contre le changement climatique », avait réagi en juin son Premier ministre, Feleti Teo.

À mi-distance de l’Australie et de Hawaï, les Tuvalu sont composées d’atolls de faible altitude particulièrement vulnérables au changement climatique, confrontés notamment à l’acidification des océans, aux maladies tropicales et à la montée des eaux.

Le petit pays de 10 000 habitants réclame des actions climatiques urgentes à l’international et a récemment accueilli des réunions en amont de la prochaine COP 31.

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