En décembre, la Commission européenne a infligé une amende de 120 millions d’euros (14,3 milliards de Fcfp) à X, anciennement Twitter, pour avoir enfreint les obligations de transparence prévues par la nouvelle législation européenne sur les services numériques (DSA).
Cette sanction ne porte que sur les infractions notifiées en juillet 2024 à la plateforme, lorsque l’UE avait accusé simultanément X de tromper les utilisateurs avec les coches bleues censées certifier les sources d’informations, de transparence insuffisante autour des publicités, et de non-respect de l’obligation d’accès aux données internes par des chercheurs agréés.
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Il s’agit de la première amende imposée à une plateforme dans le cadre du DSA, résultat d’une enquête ouverte deux ans plus tôt contre la plateforme.
Mais elle n’a pas mis fin pour autant aux investigations de l’UE.
Manipulation d’algorithme
En janvier 2025, la Commission européenne décide d’élargir son enquête visant la plateforme au moment où son propriétaire est accusé de manipuler ses algorithmes pour soutenir l’extrême droite en Europe.
Elon Musk a notamment plusieurs fois affiché son soutien à l’AfD, parti d’extrême droite allemand.
En parallèle, deux signalements effectués par des députés auprès des autorités françaises, qui soupçonnent X de manipuler son algorithme à des fins d’ingérence étrangère, mène à l’ouverture d’une enquête pénale confiée à la section cybercriminalité du parquet de Paris.
C’est notamment dans ce cadre que les locaux français de la plateforme ont été perquisitionnés le 3 février.
Elon Musk et Linda Yaccarino, ancienne directrice générale de X, sont convoqués pour être entendus par le parquet de Paris le 20 avril.
Deepfakes à caractère sexuel
La justice française a également élargi ses investigations ces derniers mois après que Grok, l’intelligence artificielle de la plateforme, a répercuté des montages hyper-réalistes (« deepfake » en anglais) à caractère sexuel.
Fin 2025 et début 2026, le robot conversationnel répondait par des photos générées par IA aux messages d’utilisateurs lui demandant de dénuder ou « mettre en bikini » des personnalités mais aussi des utilisateurs lambdas, en grande majorité des femmes.
Le phénomène a suscité encore plus d’inquiétudes avec l’apparition de photos truquées incluant des mineurs, suscitant une vague d’indignation dans le monde entier.
En réponse, la plateforme a fini par bloquer mi-janvier la génération d’images dénudées de personnes réelles « au sein des juridictions où cela est illégal » , après avoir restreint dans un premier temps cette possibilité aux utilisateurs payants.
Fin janvier, l’Union européenne a ouvert une enquête sur X à ce sujet, ordonnant à l’entreprise de conserver tous les documents relatifs à Grok jusqu’à la fin de l’année 2026, au minimum.
En cas d’infraction caractérisée, X encourt une amende pouvant aller théoriquement jusqu’à 6% de son chiffre d’affaires annuel mondial.
Mardi, le régulateur britannique de la protection des données a également annoncé l’ouverture d’une enquête sur X et sa société mère xAI concernant les images à caractère sexuel générées par Grok.
Éloge d’Hitler et injures
Présenté par Musk comme sa réponse à ChatGPT et autres assistants IA qu’il juge trop « woke » , c’est-à-dire trop progressistes, Grok a généré plusieurs conversations polémiques à l’été 2025, faisant par exemple l’éloge du dirigeant nazi Adolf Hitler dans des captures d’écran partagées en ligne.
Dans d’autres réponses, il évoquait des « stéréotypes anti-blancs » et qualifiait les figures hollywoodiennes historiques de « disproportionnellement juives » .
L’outil s’en est également pris à des chefs d’Etat, qualifiant ainsi le président turc, Recep Tayyip Erdogan de « serpent » et l’insultant.
Face aux dérapages de Grok, la justice française a étendu en novembre son enquête sur le fonctionnement de la plateforme d’Elon Musk aux « propos négationnistes » du robot conversationnel.
Pour répondre aux protestations, X avait finalement annoncé avoir supprimé les publications inappropriées et pris des mesures pour interdire les discours de haine avant que Grok ne les publie.
De son côté, la Commission européenne avait dit « prendre très au sérieux » les dérapages de Grok, et assuré être en contact avec le réseau social sur ce sujet.



