Une sortie de pêche gravée dans les annales.
Jeudi après-midi, Steven Pierson, surfeur reconnu du fenua et passionné de pêche, prend la mer avec son fils Naiki pour une partie de pêche au large de Teahupoʻo.
– PUBLICITE –
Au départ, les conditions semblent favorables. « Il faisait beau. Il y avait un peu de houle qui montait mais rien d’énorme, un peu de vent et pas vraiment de pluie. Je ne prends pas de risques avec mes petits, ni avec mes élèves dans mon école de surf. À 42 ans avec deux enfants, je n’ai pas trop envie de prendre de risques », explique-t-il.
Peu de temps après avoir jeté les lignes, la touche arrive… et elle est spectaculaire. Au bout de la ligne : un haura estimé à plus de 300 kilos. Le poisson multiplie les départs, vide le moulinet et impose près de deux heures de combat.
Solidement accroché, le poisson reste toutefois trop imposant pour être remonté à bord. Mais l’euphorie laisse vite place à l’inquiétude.

Au moment de rentrer, le temps change brutalement. Le ciel s’assombrit et les éclairs se multiplient vers la côte. Face au danger, Steven Pierson prend une décision : rester au large avec son fils plutôt que de foncer vers la tempête.
Le pêcheur redoute particulièrement la foudre, d’autant plus que son bateau est en aluminium. « J’ai préféré rester en sécurité avec mon petit au loin. Quand la nuit a commencé à tomber, je me suis demandé comment on pouvait se mettre à l’abri dans la glacière », raconte-t-il.
Il imagine alors une solution improvisée pour limiter les risques : piloter le bateau en se protégeant autant que possible. « Je tenais le manche avec ma lance, comme c’est du bois au bout. Je pilotais le bateau comme ça, depuis la glacière. Peut-être qu’on aurait échappé à la foudre si elle avait frappé le bateau, peut-être pas… mais j’ai essayé par tous les moyens de nous mettre en sécurité. »

Après plusieurs heures d’attente en mer, une accalmie se présente. Steven et Naiki en profitent pour remettre les gaz et rentrer. « Sa présence m’a permis aussi de garder mon calme, parce que je devais prendre soin de lui et éviter de prendre des risques inutiles en rentrant dans la tempête », confie-t-il.
Le duo regagne finalement la terre ferme vers 20 h 30, avec le souvenir d’une sortie de pêche hors norme.



