L’intersyndicale étudiante et professionnelle a d’ores et déjà appelé à une nouvelle journée de mobilisation et de grève le 13 octobre.
« Tant qu’on n’aura pas 10 milliards (d’euros) sur la table, on continuera à se mobiliser« , a affirmé Sabrine Kharbach, porte-parole de l’Union étudiante, juste avant d’être reçue avec les deux autres principales organisations lycéennes par les ministres de l’Education et de l’Enseignement supérieur.
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Au même moment, des dizaines de milliers de personnes étaient rassemblées sur la place emblématique de la Bastille à Paris et différents cortèges déambulaient dans les rues de la capitale. « GenZ en colère« , pouvait-on lire sur une grande banderole portée par des jeunes.
Ailleurs dans le pays, les manifestations de jeudi étaient de moindre ampleur que mardi. Elles avaient rassemblé dans toute la France entre 266.000, selon les autorités, et 450.000 personnes selon les organisateurs.
« Fatigue »
Lucine, 16 ans, élève à Brest (ouest), perçoit « beaucoup de fatigue. On essaie de voir comment continuer. C’est un jeu, un peu, entre le gouvernement et nous, à qui lâchera le premier« .
« Ça fait deux semaines que ça occupe toutes nos journées, on se lève tôt, on enchaîne, c’est stressant« , constate de son côté Astrid, 19 ans, à Lille (nord), mobilisée depuis le début des blocages.
Le mouvement est né mi-septembre en banlieue parisienne pour dénoncer l’insalubrité des bâtiments, des classes surchargées et des absences de professeurs non remplacés, particulièrement dans les quartiers populaires.
Cette colère, qui a ponctuellement donné lieu à des dégradations de bâtiments et des échauffourées avec les forces de l’ordre, vient s’ajouter à un climat social tendu en France à un peu plus de six mois de l’élection présidentielle.
Le ministre de l’Education Edouard Geffray a promis jeudi un « plan d’urgence » sur les remplacements des enseignants, d’ici « quelques heures ou quelques jours« , dans une nouvelle tentative de désamorcer cette crise.
Jeudi « environ 96 % des établissements sont ouverts » et 157 lycées (sur 3.700) fermés à la mi-journée, selon le ministère de l’Education, qui indique par ailleurs que la grève annoncée des personnels n’est quasiment pas suivie.
Mais le président de l’Union syndicale lycéenne Ryad Rani a lui évoqué « 2.000 lycées à l’arrêt » et « une massification du mouvement« .
Depuis mardi, des organisations étudiantes ont appelé à rejoindre le mouvement. Elles demandent notamment 250.000 places en plus à l’université et la suppression de la sélection par la plateforme d’orientation vers l’enseignement supérieur Parcoursup.
La solidarité étudiante avec les lycéens s’est exprimée jeudi jusque dans les beaux quartiers parisiens et ses universités privées.
Solidarité
« Je suis là pour ma petite sœur, dans un lycée public à Poissy (en région parisienne). Les toilettes ne fonctionnent pas, le plafond s’effrite« , explique Chloé, 20 ans, en master à l’Institut catholique de Paris (ICP). Dans son établissement, où l’année d’études peut coûter jusqu’à 10.000 euros environ, « on a la chance d’avoir une fac qui fonctionne bien« .
Mercredi soir, le Premier ministre Sébastien Lecornu a pris la parole depuis ses bureaux de Matignon, mais sans annoncer de mesures concrètes pour les lycéens. Tout en assurant que « nul ne peut être indifférent (à leurs) angoisses« , il a renvoyé à « fin octobre » – soit durant les vacances d’automne – pour « les premières décisions« .
La réponse policière à ce mouvement a été vivement critiquée. Mercredi, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a annoncé la suspension de l’usage des grenades assourdissantes, après qu’un manifestant de 15 ans a eu la main arrachée lundi à Lens (nord).
Selon M. Nuñez, 18 enquêtes de la « police des polices » ont été ouvertes depuis le début du mouvement. Au total, 215 élèves et 85 membres du personnel de l’Éducation ont été blessés, ainsi que près de 800 policiers et gendarmes.
Le gouvernement est sommé de trouver des solutions au moment où il aborde des discussions parlementaires à haut risque pour le budget 2027.
Mardi, le ministre de l’Economie Roland Lescure a souligné que, malgré les contraintes, il y avait « de la place pour les urgences » dans ce projet. L’Éducation est « le deuxième budget » qui augmente le plus (+1,4 %, à 90,4 milliards d’euros), derrière celui de la Défense, a-t-il fait valoir.



