“Il n’y a rien de plus effroyable pour un parent que de voir son enfant mourir dans ses bras”. La procureure a donné le ton de ce douloureux dossier évoqué ce mardi devant le tribunal correctionnel. Celui du décès tragique d’un petit garçon de 11 ans qui faisait du vélo, suivi par son père en deux-roues.
Sur la route, un camion communal les a dépassés. Mais l’imposant véhicule s’est rabattu sur le côté de la chaussée et l’enfant a été écrasé par les roues arrière. Le père du petit, qui se trouvait à quelques mètres, a été témoin de la terrible scène. Il a pris son fils dans ses bras, mais il était déjà trop tard.
L’enquête a démontré que le chauffeur du camion, 38 ans, utilisait son téléphone au moment de l’accident et il a été dépisté positif au paka, pour en avoir fumé « la veille », selon ses dires.
« Un véhicule c’est une arme. Mes clients vivent dans cette douleur depuis 2023. C’est une famille détruite qui devra vivre ça jusqu’à la fin de ses jours. Je veux que monsieur en prenne conscience », a soufflé l’avocat des parents de la petite victime, en larmes durant l’audience. « Ce genre de conduite est intolérable », a renchéri la procureure.
Le prévenu était un collègue du père du petit garçon et son fils était scolarisé dans la même classe que celui-ci. « Je suis profondément désolé de ce qui est arrivé. J’y pense tous les jours. Je n’ai jamais voulu ce drame », a déclaré le trentenaire, en pleurs.
Et d’ajouter : « Je suis désolé que cet accident a bouleversé leurs vies. Je sais que cela n’apaisera pas leurs souffrances. En tant que père, je partage avec eux le poids de cette douleur. Pardon ».
L’homme a finalement été condamné pour homicide involontaire à 4 années de prison avec sursis et à l’annulation de son permis de conduire avec interdiction de le repasser avant un an.
A l’issue de l’audience, la famille du petit garçon et celle du mis en cause se sont pris mutuellement dans les bras pour partager de longs sanglots.



