Importation de 2 kg d’ice et d’1 kg de cocaïne : « Je l’ai fait pour l’argent »

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Deux kilos d'ice et un kilo de cocaïne interceptés au fret en provenance de Los Angeles. Le destinataire des trois colis a été condamné à 5 ans de prison, ce lundi. Il a expliqué qu'il avait été contacté par un inconnu pour recevoir les paquets, en échange de 5 millions de francs.

A la barre du tribunal correctionnel, le prévenu reconnaît sans détour avoir agi en connaissance de cause dans l’affaire qui lui vaut d’être jugé en comparution immédiate ce lundi 5 octobre.

Le 31 juillet, trois colis sont contrôlés au fret en provenance des Etats-Unis. Deux pompes à eau contiennent chacune un kilo d’Ice et un kilo de cocaïne est dissimulé dans un compresseur. Sur chaque colis, l’identité du prévenu et son adresse. Il est aussitôt interpellé.

C’est un coup de fil qui aurait tout déclenché. Il explique avoir été contacté par un total inconnu. Lequel lui demande d’accepter de donner son identité et ses coordonnées postales pour la réception de plusieurs colis.

En échange, on lui promet 5 millions de francs. Il accepte. Un rendez-vous est fixé au McDonald’s de Papeete avec une autre personne qui lui donne 200 000 francs. Le montant nécessaire pour le dédouanement des colis. Il n’a plus qu’à se présenter quand l’avis d’arrivée lui parvient. La suite, c’est direction Nuutania. Puis Tatutu, car le prévenu est fetii avec un gardien de l’établissement de Faa’a.

Contacté par un inconnu

Placé en détention provisoire depuis son interpellation, le jeune homme explique à la barre avoir pris la mesure de son erreur. Selon lui, la personne qui l’a contacté connaissait sa situation du moment. “Je l’ai fait pour l’argent”, concède t-il.

Comment a t-il pu être contacté par un inconnu alors qu’il a, à l’époque, un téléphone avec une carte prépayée de moins de trois mois, et que son numéro n’est “connu que par peu de personnes”, l’interroge t-on. Il ne sait pas…

A son casier, une seule condamnation, en février 2023, pour une importation de buvards de LSD et de cannabis par voie postale qui lui a valu 10 mois avec sursis probatoire durant 2 ans.

Titulaire d’un bac scientifique, le jeune homme a entamé une licence STAPS (qui mène à la profession d’enseignant de sport) à Toulouse, avant d’interrompre ses études pour revenir “retrouver sa chérie” à Tahiti.

« Tu es intelligent« 

“Vous êtes toujours ensemble ?”, demande le juge. “Oui”, répond-il. La jeune femme est dans la salle, avec leur garçon de six ans. “Tu es intelligent”, lui dit le président du tribunal. “On t’a fait une fleur une première fois. Là, on est un peu fâché.”

A la barre, le prévenu l’admet : “En étant en prison, je me rends vraiment compte que j’ai fait une erreur”. Que compte t-il faire plus tard, lui demande le juge. Repartir à Tahaa faire de l’apiculture sur des terres familiales.

Pour la procureure, le constat est alarmant. L’ice fait “augmenter les violences intrafamiliales”, est “en train de délabrer nos familles, nos jeunes”, et “contribue à rendre la délinquance du quotidien de plus en plus inquiétante”.  

“On est en train de fiscaliser le risque”, commente aussi, indignée, la représentante du parquet. Lors de son audition, en août, le prévenu avait expliqué qu’il devait toucher 5 millions si la drogue passait sans problème. Et 8 millions s’il se faisait attraper et allait en prison.

Pour son avocat, il est « la cible parfaite »

La procureure demande une condamnation de cinq ans de prison, un maintien en détention, et le paiement de l’amende réclamée par les douanes : 196 millions. Le montant de la valeur de revente des stupéfiants.

Pour son avocat, le prévenu est “la cible parfaite”. Il est consommateur d’ice – tous les 2 à 3 jours, admet le mis en cause à la barre-, a besoin d’argent pour faire face aux dépenses du quotidien. Il rappelle qu’il n’a été condamné qu’une fois, en 2023, qu’il s’est tenu à carreau durant plus de deux ans, avant de céder au chant des sirènes. Qu’à la barre, il n’essaie pas de mentir.

Après en avoir délibéré, le tribunal a condamné l’individu à 5 ans de prison, maintien en détention et au paiement d’une amende douanière de 196 millions.

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