À Rikitea, aux Gambier, le centre médical fonctionne depuis plusieurs mois sans médecin permanent. Parti de l’île en juin dernier, le praticien n’a pour l’heure pas été remplacé.
La prise en charge des patients repose donc sur l’infirmier présent sur place, les médecins envoyés ponctuellement en mission et la télémédecine avec Tahiti.
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« Les infirmiers sur place demandent un avis à nos médecins. Il y a deux formes d’avis, à savoir la télémédecine chaude où ils ont besoin d’avoir un avis dans les 5-10 minutes, et la télémédecine froide qui est toute la partie renouvellement d’ordonnances, les questions sur la biologie, etc. », explique Maire Horace, subdivisionnaire santé Tuamotu-Gambier.


Une organisation qui permet d’assurer une continuité des soins, mais qui montre aussi ses limites. Certaines ordonnances dépendent notamment d’un médecin basé à Tahiti, avec des délais qui peuvent se répercuter sur la délivrance des traitements.
« Je viens voir si mes médicaments sont arrivés et on me dit que non, ils ne sont pas arrivés. Cela va faire trois semaines que j’attends », témoigne Gladys Paeamara, patiente.
La subdivisionnaire santé reconnaît plusieurs difficultés qui, cumulées, peuvent ralentir le parcours de soins : « Ce n’est pas normal, il y a un grand dysfonctionnement. Il y a internet qui n’est pas assez puissant. Et à notre niveau, on est en sous-effectif médical. Après, au niveau des officines privées, parfois l’ordonnance n’arrive pas à temps et l’avion part… À chaque strate, il y a toujours une problématique ».
L’absence de médecin permanent nourrit également les inquiétudes en cas d’urgence. « Ce qui m’inquiète, c’est que s’il arrive un accident grave ou une urgence, la mise en place d’une évacuation peut prendre du temps », souligne Papa Mauri, habitant de Rikitea.
Un recrutement difficile
Des missions médicales continuent d’être organisées aux Gambier et le recrutement d’un praticien permanent est en cours. Mais attirer un médecin dans un archipel éloigné de Tahiti reste difficile.
« On a des candidats qui sont intéressés, mais pour la plupart, ils n’ont pas envie d’être tout seuls dans une île. Après, il y a le confort de la famille, car il y a des centres où il n’y a pas de logement. Et après, la grande problématique, c’est le salaire. C’est la même rhétorique, à savoir que ça manque d’attractivité », reconnaît Maire Horace.
La prochaine tournée d’un médecin à Rikitea est prévue au cours du mois d’octobre. En attendant le recrutement d’un praticien permanent, les habitants doivent continuer à composer avec le dispositif actuel. Sur place, ils appellent désormais à une solution durable afin de retrouver un suivi médical régulier.



