Grève dans la fonction publique : près de 200 personnes mobilisées à Papeete

Publié le

Environ 200 fonctionnaires d’État se sont rassemblés ce mardi matin à Papeete dans le cadre d’une journée de mobilisation nationale. Pouvoir d’achat et conditions de travail figuraient parmi les principales revendications, auxquelles se sont ajoutés plusieurs dossiers propres à la Polynésie française : indexation des salaires, retraites ou encore déroulement des carrières. Deux délégations syndicales ont été reçues par le haut-commissaire.

À Papeete comme dans l’Hexagone, les fonctionnaires d’État étaient appelés à se mobiliser ce mardi 29 septembre. Environ 200 personnes se sont rassemblées dans la matinée devant le monument aux morts, à l’appel de plusieurs organisations syndicales.

Au niveau national, huit organisations représentatives de la fonction publique – CGT, FO, CFDT, UNSA, FSU, Solidaires, CFE-CGC et FA-FP – avaient appelé à cette journée d’action. Parmi leurs revendications : une revalorisation du point d’indice, son indexation sur l’inflation, une refonte des grilles indiciaires ou encore le rétablissement de la garantie individuelle du pouvoir d’achat.

 

– PUBLICITE –

Au fenua, les syndicats ont profité de la mobilisation pour porter des revendications plus spécifiques au territoire. Deux délégations ont été reçues par le haut-commissaire. L’Unsa Éducation et ses partenaires ont ouvert les discussions.

« On ne s’est pas appesanti sur les revendications nationales, parce que c’est au niveau national, au final, que les choses peuvent bouger. On s’est adressé aux représentants de l’État en Polynésie sur vraiment des préoccupations locales. Là, il peut agir », explique Titaua Frogier, secrétaire générale du SE-Unsa en Polynésie.

L’indexation et les conditions de travail au cœur des échanges

Parmi les sujets abordés figure l’indexation des rémunérations des fonctionnaires d’État en Polynésie. Selon la délégation syndicale, le haut-commissaire a assuré que celle-ci serait maintenue.

Dans l’Éducation, les représentants du personnel ont également insisté sur les conditions de travail et, plus particulièrement, sur ce qu’ils considèrent comme une absence d’instance locale adaptée pour traiter les questions d’hygiène et de sécurité concernant les fonctionnaires d’État.

« Un personnel qui se ferait agresser ou qui serait victime de harcèlement ou pour lequel une plainte serait déposée, en fait le Pays et l’État se renvoient la balle du fait encore une fois de la répartition des compétences », souligne Titaua Frogier.

La question pourrait être abordée dans le cadre de la future convention décennale relative à l’éducation entre l’État et la Polynésie française. L’actuelle convention, signée en 2016, arrive à échéance en décembre 2026 et son renouvellement fait actuellement l’objet de négociations entre le Pays et l’État.

Retraites et carrières également sur la table

Du côté de Force ouvrière, également reçue par le représentant de l’État, les discussions ont notamment porté sur les retraites. Le syndicat s’inquiète de la disparition progressive de l’indemnité temporaire de retraite (ITR) et demande qu’un dispositif alternatif soit trouvé. L’ITR, qui majore sous certaines conditions les pensions de fonctionnaires de l’État résidant notamment en Polynésie française, est engagée dans un processus d’extinction ; des droits subsistent pour certains départs à la retraite jusqu’en 2028.

(Crédit photo : Tahiti Nui Télévision)

Autre dossier défendu par FO : le déroulement de carrière des agents des corps de l’État pour l’administration de la Polynésie française (CEAPF). Le syndicat souhaite rapprocher davantage leurs perspectives de celles des corps métropolitains correspondants. La question n’est pas nouvelle : en juin dernier, le député Moerani Frébault avait notamment interrogé le gouvernement sur les possibilités de promotion de ces agents et demandé des mesures permettant « un déroulement de carrière et un rythme d’avancement équivalents » à ceux des corps métropolitains correspondants.

« Aujourd’hui, on demande la généralisation pour l’ensemble des corps qui constituent aujourd’hui le CEAPF et donc permettre aux agents qui constituent ces corps de pouvoir avoir un déroulé de carrière qui soit identique au corps métropolitain », indique Edgar Sommers, premier secrétaire adjoint de la STP-FO.

Des revendications que les syndicats comptent remettre sur la table des négociations avec la ministre des Outre-mer Naïma Moutchou qui pourrait accompagner le ministre de la Justice Gerald Darmanin en octobre à Tahiti. 

Dernières news

A lire aussi