Parmi les multiples recours consécutifs aux élections municipales, celui déposé par Emile Vernaudon, Hinoi Fritchet Gilles Teaotea à Mahina. Ce mardi, le rapporteur public a demandé l’annulation des élections. En cause, une vidéo publiée par le maire Damas Teuira sur la page Facebook de la commune en février 2026, en pleine campagne électorale. Le clip, une mise en scène faisant participer les forces de l’ordre, mettait en avant l’installation de nouvelles caméras de vidéo-surveillance dans la commune. Damas y apparait et met en avant ses actions sur le terrain.
Le rapporteur public estime que cette vidéo a pu influencer le vote des électeurs, notamment les 89 voix qui ont permis à la liste Mahina ia Hotu de passer dès le premier tour de scrutin.
Me Robin Quinquis, avocat de Damas Teuira, souligne que « cette publication est une publication qui n’appelle pas au vote pour l’un des candidats et qui ne crée pas de monde polémique électoral mais qui simplement donne une information objective à la population de Mahina sur la mise en oeuvre d’un dispositif financé conjointement par la commune et par l’Etat et la commune estime que ce type de réalisations doivent être connues de leurs destinataires, c’est-à-savoir les usagers et la population de la commune ».
Le conseil estime par ailleurs que « la question qui est intéressante c’est celle de la visibilité de ces vidéos qui sont diffusées essentiellement sur les réseaux sociaux avec un temps de lecture moyen d’une vingtaine de secondes et une majorité des visionnages qui sont de l’ordre de trois secondes, c’est à dire que si on est sur du simple scroll avec pas une volonté de tirer de quelconque information ou quoi que ce soit et donc les chiffres qui ont été évoqués par le rapporteur public doit être appelé à une certaine réserve puisque d’une part ils sont évidemment surévalués, ce qui pourrait compter à la limite c’est les personnes qui ont regardé la totalité de cette vidéo et encore faut-il qu’ils soient électeurs à Mahina pour que ça puisse avoir une incidence sur les élections. Or, rien au dossier ne nous permet de le penser et au contraire les statistiques que l’on a via la plateforme Facebook amènent à considérer qu’en réalité ça a eu une incidence tout à fait marginale auprès des électeurs de Mahina ».
Me Sophie Guessan, conseil des requérants, estime au contraire que « ce n’est pas de la simple communication sur les réalisations de la commune. Pour mes clients, ce sont finalement une forme de promotion personnelle, de sa figure personnelle du maire au sein de la commune, sur un thème finalement très relayé de sécurité et qui a été susceptible d’influencer le résultat des élections.Peut-être que si cette vidéo n’avait pas eu, finalement, le nombre de vues aussi important qu’elle a eu aujourd’hui, on aurait pu penser que le résultat des élections n’aurait pas été influencé. Mais là, en l’occurrence, vous avez, et aujourd’hui c’est contemporain du domaine des élections, vous avez quand même eu une vidéo qui a été très largement relayée, likée, commentée, notamment par des électeurs de la commune de Mahina. Et donc, pour nous, c’était une forme, finalement, de propagande personnelle utilisée par le maire sur les réseaux sociaux qui méconnaissaient les dispositions du code électoral’.
« Le code électoral est particulièrement muet, quand même, sur les réseaux sociaux, relève cependant l’avocate. Aujourd’hui, ce n’est effectivement pas très adapté, mais il n’en reste pas moins qu’on a de la jurisprudence, qui a été soulevée dans les écritures, mais également, et qui sont connues, de M. Teuira et de son conseil, où on explique que les publications effectuées sur les réseaux sociaux sont quand même susceptibles d’influencer une élection. Donc, c’est quand même pris en compte. La question maintenant qui se posera, effectivement, c’est de savoir est-ce que, dans la circonstance de la ville de Mahina, la diffusion a été suffisamment importante pour pouvoir impacter le résultat du vote, et à mon sens, c’est le cas. »
La décision est attendue le 13 octobre.



