Groupe plus large que prévu pour le RN
C’était le suspense le plus important de la soirée: le Rassemblement national va bien pouvoir constituer avec son allié de l’UDR un groupe d’au moins 15 sénateurs. Une première sous la Ve République, qualifiée par la candidate à la présidentielle Marine Le Pen de « victoire historique » et d' »étape majeure« .
« Les résultats vont au-delà de ce que nous pouvions espérer, la percée est générale », a estimé dimanche la candidate. Grâce à son implantation locale, en particulier aux dernières municipales, le parti lepéniste peut revendiquer de nouveaux élus dans les Bouches-du-Rhône, le Var, le Gard, le Vaucluse, l’Hérault, ainsi qu’en Seine-Maritime et en Gironde, remportée par la députée Edwige Diaz.
– PUBLICITE –
« Aujourd’hui il n’y a plus aucun plafond de verre qui tient, même sur une élection à suffrage indirect, même en Gironde« , a réagi cette dernière, pressentie pour prendre la tête du groupe.
Pour l’UDR, deux sénateurs ont été élus dans les Alpes-Maritimes. Le parti d’Eric Ciotti a également revendiqué la victoire de la divers droite Sylvie Goy-Chavent, ex-LR élue sans adversaire RN ni UDR dans l’Ain.
Stabilité des trois premiers groupes
La droite, le centre et le Parti socialiste restent les trois forces principales du Sénat, malgré une érosion du groupe LR liée en particulier à la percée de l’extrême droite dans la couronne méditerranéenne.
Selon un décompte partiel réalisé par l’AFP, en attendant encore les affiliations et certains résultats outre-mer, LR (131 sièges avant le vote) perdrait environ sept sénateurs. Le groupe socialiste resterait stable et toujours à la deuxième place, devant l’union centriste, également stable.
Ce sont les Écologistes, les macronistes et les radicaux de gauche qui perdent proportionnellement le plus de plumes dans ce renouvellement de 178 sièges sur 348.
LFI entre au palais du Luxembourg
Avec l’élection surprise du député insoumis Gabriel Amard dans le Rhône, La France insoumise fait son entrée à la chambre haute. Après avoir remporté trois villes du département aux municipales, les Insoumis sont parvenus à transformer l’essai.
Le parti mélenchoniste a également revendiqué la victoire en Haute-Garonne du divers gauche Marc Péré, à la tête d’une liste LFI-EELV-Générations.
LFI n’a pas eu la même chance chez les Français de l’étranger où sa candidate a manqué la marche de 3 voix, entraînant une passe d’arme entre le coordinateur de LFI Manuel Bompard et les Écologistes. Les deux camps qui n’avaient pas réussi à trouver un accord électoral s’en sont renvoyés la responsabilité par X interposé.
Gagnants et perdants
Renaud Muselier (Renaissance) a été élu dans les Bouches-du-Rhône malgré la liste des Républicains, avec lesquels il devait initialement s’allier. Mais la sortante Valérie Boyer, qui a été réélue, était finalement partie seule, soutenue par Bruno Retailleau, facilement réélu en Vendée.
Marie-Caroline Le Pen, la sœur de Marine, n’a en revanche pas réussi son pari dans la Sarthe.
La ministre de l’Aménagement du territoire François Gatel a remporté son pari dans l’Ille-et-Vilaine. Ancien ministre du 2e quinquennat d’Emmanuel Macron, le socialiste François Rebsamen a été élu. S’il a repris sa carte au PS, rien ne dit qu’il rejoindra ce groupe.



