Le carburant pèse de plus en plus lourd dans les comptes d’Air Tahiti. Selon la compagnie, sa facture devrait augmenter de plus de 50 % en 2026 par rapport à 2025, soit près d’un milliard de francs de charges supplémentaires. Les transporteurs aériens domestiques ne sont pas concernés par le moratoire sur les prix des hydrocarbures et ne bénéficient pas d’une compensation par le FRPH.
Face à cette hausse, le Pays, qui homologue les plafonds tarifaires des billets, a autorisé depuis août et pour six mois un relèvement de 10 % des tarifs des billets sur les destinations en zone de libre concurrence. Air Tahiti craint toutefois que cette période ne suffise pas.
« Comme on voit que le conflit semble s’enliser au Moyen-Orient, on a déjà pris des contacts avec la direction de l’aviation civile pour les informer qu’on estimait que probablement les six mois ne seront pas suffisants. Et donc, on est en discussion avec eux pour prévoir un mois avant l’échéance une demande », explique Cécile Savalli, directrice générale déléguée d’Air Tahiti.
Mais selon Air Tahiti, les hausses de tarifs engagées dès juin ne devraient couvrir qu’environ 20 % des surcoûts de carburant. Leur effet varie aussi selon les voyageurs : certains bénéficient de cartes de réduction et paient leurs billets moins cher.
Air Tahiti espère donc un soutien du Pays, alors que ses dépenses de maintenance des appareils augmentent également. « Après, notre vision des choses aussi, c’est que toutes les compagnies aériennes du fenua actuellement perdent de l’argent. Et donc, cela n’est pas soutenable dans le temps pour tout le monde, ni pour les compagnies aériennes, ni pour leurs passagers. Il est important que l’on trouve des dispositifs qui permettent d’arriver à compenser les coûts liés au carburant sur le transport aérien », poursuit Cécile Savalli.
Alerté dès avril, le gouvernement avait évoqué plusieurs pistes d’aides. L’une d’elles paraît aujourd’hui difficile à mettre en œuvre, selon le ministre de l’Économie, Warren Dexter : « J’avais évoqué la possibilité qu’on regarde l’éligibilité du kérosène des ATR au FRPH. Mais si tu veux, à l’époque, le FRPH n’était pas aussi sous tension qu’aujourd’hui. Donc, c’est devenu extrêmement compliqué. […] Alors, peut-être pas forcément sous forme de régulation des prix, peut-être des aides directes, c’est à voir. Mais effectivement, c’est un dossier sur lequel on n’a pas avancé depuis avril, pour les raisons que j’ai indiquées. »
L’aide reste donc à définir pour les compagnies domestiques locales confrontées à la hausse du carburant.



