Des années de calvaire malgré son jeune âge. C’est la vie qu’a endurée jusqu’ici un petit garçon. En mai dernier, à Punaauia, son père, plombier de métier et ancien champion de motocross, lui a asséné un coup de pied dans le ventre alors qu’il se disputait avec sa compagne. Le tort de l’enfant ?
“Il s’est interposé en disant : ‘Ne touche pas à ma maman’”, a déclaré l’homme au cours de sa garde à vue, “c’était un accès de colère. J’étais sous ice.”
Le petit garçon âgé de 6 ans à l’époque a dû être hospitalisé. Il présentait un “traumatisme abdominal avec lacération de la rate” conduisant à 21 jours d’ITT.
L’hôpital, l’enfant y avait déjà été admis en 2020. Et pour cause : son père avait tenté de le noyer “dans une flaque d’eau” alors qu’il avait à peine 3 mois. Faute de surveillance, il s’était aussi brulé le visage en manipulant un chalumeau qui trainait dans la maison.
“Il a été suivi par un pédopsychiatre et va extrêmement mal”, a déploré l’avocate du petit, Me Béatrice Eyrignoux, “il devient violent avec lui même et avec les autres”. “Tout ça est consécutif aux violences, aux mauvais traitements et à l’absence de surveillance (…) Il faut le protéger”, a-t-elle ajouté.
“Les faits sont particulièrement effroyables”, a enchainé la procureure, “c’est un psychopathe. Il est dangereux”. L’expertise psychiatrique du prévenu ne plaide pas, en effet, en sa faveur.
“Regrets de circonstances”, “très grande immaturité”, “personnalité psychopathique”, sont quelques éléments relevés par l’expert qui a conclu, laconique : “Sa première condamnation n’a eu aucun effet bénéfique”.
“Je n’étais pas dans mon état normal. J’avais consommé de l’ice”, a tenté de se justifier le père, dont l’autorité parentale lui a déjà été retirée après une précédente condamnation. Aujourd’hui, il dit être séparée de la mère de son enfant : “C’était ce qu’il y avait de mieux à faire”.
“Troubles neurologiques”
En défense, son avocate, Me Sarah Da Silveira, a expliqué qu’il avait été victime en 2015 d’un très grave accident qui l’avait plongé dans le coma, lui laissant de lourdes séquelles.
“Il est coupable, mais il y a tout un contexte, notamment des troubles neurologiques liés à son accident. Il a de l’amour pour son fils mais aussi des problèmes d’impulsivité doublés par sa consommation d’ice”, a-t-elle ajouté en regrettant qu’il n’existe aucun “centre de désintoxication” au fenua.
Le père, déjà détenu dans ce dossier pour ne pas avoir respecté son contrôle judiciaire, a finalement été condamné à 4 ans de prison dont 3 ferme. Il devra également suivre des soins pour son addiction. Une nouvelle audience se déroulera au mois de février pour évaluer le montant des dommages et intérêts qu’il devra verser à son fils.



