TNTV : Vous avez officialisé votre candidature aux Sénatoriales ce samedi matin. Il y a un mois, sur notre plateau, vous expliquiez vouloir faire le tour des Tavana avant de vous prononcer…
Teva Rohfritsch : « Effectivement, je voulais donner du sens à cette candidature. Pas simplement dire : ‘Parce que je suis sortant, il faut revoter pour moi et je dois me représenter’. Et j’ai souhaité rencontrer nos Tavana, ceux qui m’avaient fait confiance il y a six ans, et puis aussi beaucoup de Tavana et de nouveaux élus communaux. Parce qu’en fait, les dernières élections communales ont mis en place des nouvelles majorités avec de nouveaux élus. Ceux qui ont gagné aujourd’hui ont vaincu finalement dans les urnes sans étiquette et arrivent pour imprégner une nouvelle génération aussi dans nos communes. Donc, j’ai tenu à faire ce tour pour voir si cette candidature avait du sens, s’ils ont estimé que le bilan, le boulot que j’ai fait, on va dire, le job que j’ai tenu à Paris, les a satisfaits. Et puis surtout, si je pouvais, au travers de cette campagne, apporter de nouvelles idées. Si je me présente aujourd’hui, c’est que la réponse a été oui : ‘Teva, il faut te présenter. On souhaite que tu sois partie prenante’. Et puis chacun fera son vote, bien évidemment ».
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TNTV : Vous partez donc sans l’étiquette du Tapura qui vous avez pourtant fait élire en 2020. Comment fait-on campagne pour le Sénat quand on n’a plus de parti derrière soi ?
Teva Rohfritsch : « On ne refait pas toute l’histoire de ce qui s’est passé avec le Tapura, mais le Tapura n’est pas mon adversaire parce qu’en fait, quand vous regardez dans les conseils municipaux, c’est l’élection par essence où on est élu d’abord pour sa commune. Quasiment toutes les listes, finalement, ont un peu de Tavini, un peu de A Fano Ti’a, un peu de Tapura et puis de la société civile. L’autre chose que je voudrais dire, c’est que les problèmes communaux, ils n’ont pas de couleur politique, ils n’ont pas d’étiquette. Donc, ceux qui les portent à Paris, à mon sens, doivent le faire sans étiquette. Je travaille aujourd’hui aussi bien avec toutes nos institutions, que ce soit Tony Géros à l’Assemblée, que ce soit Moetai Brotherson à la tête du Pays, que ce soit les présidents de partis autonomistes, avec tout le monde. J’ai travaillé avec Mereana Reid Arbelot sur cette loi sur le nucléaire. Avec Nicole Sanquer, avec tout le monde, et il est important, je crois, de choisir surtout celui qui veut faire le job et qui va siéger en notre nom à tous à Paris. On ne fait pas là le choix d’une étiquette politique pour les territoriales de 2028. Il ne faut pas mélanger, à mon sens, les élections ».
TNTV : Sur la base de votre bilan qu’est-ce qui justifie, selon vous, que les grands électeurs vous fassent à nouveau confiance ?
Teva Rohfritsch : « Alors, j’ai beaucoup bossé. Il faudrait beaucoup de temps pour en parler. Il y a un document que je vais mettre en ligne. J’appelle tous ceux qui souhaitent se renseigner à venir sur notre page Facebook. Il y a sur Internet beaucoup de choses qui sont mises. Ce que je voudrais dire surtout, c’est qu’en fait, être sénateur, j’étais avant ministre, vice-président de la Polynésie, et j’ai eu des rapports avec l’État. Mais être sénateur, c’est entrer dans l’appareil d’État, et c’est mieux comprendre comment fonctionne la République. Et donc, pendant ces six ans, j’ai beaucoup appris aussi. J’ai beaucoup appris à tisser des réseaux, nouer des liens, construire une confiance. Et c’est aussi pour ça que j’ai réfléchi avant de me représenter, parce que c’est beaucoup de sacrifices. J’étais beaucoup à Paris. On me disait : ‘On ne te voit plus à Tahiti, on ne te voit plus dans nos îles’, mais parce qu’il faut être présent là-bas. Il est important de choisir quelqu’un qui y va. Et je pense que ce serait dommage, après ces six ans, finalement, de tout casser, de remettre quelqu’un qui irait à nouveau reconstruire. Je ne dis pas que je suis le seul à pouvoir le faire, mais cette expérience que j’ai aujourd’hui, du gouvernement ici et là-bas, à mon avis, peut encore servir et être mise à profit de nos élus communaux, parce que c’est à eux d’abord que je m’adresse. Notamment ceux des archipels, que je ne vais pas forcément pouvoir voir dans ce temps qui nous reste. Je suis votre sénateur et je souhaite l’être à nouveau, mais aussi de nos Polynésiens. On accompagne les fonctionnaires d’État, on accompagne les étudiants, les militaires, les malades aussi, tous ceux qui souhaitent à un moment avoir un coup de pouce, un appui. Eh bien, on est là. On est là aussi pour eux. Donc, ça veut dire qu’il faut, à mon avis, choisir un sénateur qui va aller à Paris, qui va siéger en notre nom à tous, et pas porter simplement une couleur politique ».
TNTV : Si vous êtes réélu, quelles sont les missions que vous allez poursuivre ? On sait que vous mettez un point d’honneur à donner plus de pouvoir aux communes et au Tavana. Quelles sont vos autres priorités ?
Teva Rohfritsch : « Ça, c’est un point essentiel qu’on touche, parce qu’on a avancé avec l’article 43-2, que Lana Tetuanui oui et moi-même, je trouve qu’on a formé plutôt un bon duo. On a réussi à faire voter, mais on souhaite, et c’est un peu ambitieux, libérer les communes. C’est-à-dire aller davantage leur donner les moyens d’exercer ces nouvelles compétences. Et puis, je crois qu’on gagnerait tous, y compris le gouvernement de la Polynésie, quel qu’il soit, à démultiplier la capacité à agir au plus près de nos populations. Je souhaite effectivement intervenir aussi sur les sujets sociétaux. On a une fracture sociale qui est importante. Nous avons de plus en plus de personnes qui, aujourd’hui, cherchent des ressources en Polynésie. Il faut aller mobiliser des financements d’État. Il faut aussi se préparer aux effets du réchauffement climatique. C’est un sujet que j’ai creusé à Paris au nom du Sénat, au nom de la nation. Et je crois qu’il y a aussi là des choses à faire, parce que les premières concernées par le réchauffement climatique, la montée des eaux, l’acidification de l’océan et puis la raréfaction de l’eau potable, ce seront nos communes, donc ce seront nos populations ».
TNTV : En cas d’échec aux élections, quelle serait la suite pour vous ?
Teva Rohfritsch : « Je reprendrai une activité dans la société civile, mais vous savez, je suis engagé pour mon pays et mon amour pour mon pays ne va pas s’arrêter à une élection, évidemment. Je m’occuperai aussi des miens et de ma petite famille. Mais je crois que ce qui est important surtout, c’est pas à pas. Rendez-vous le 27 septembre. Je dis vraiment à nos grands électeurs que je suis prêt à servir la Polynésie et à servir les communes, à construire avec les communes les 6 ans qui viennent ».



