« Je viens de Tautira, je suis venue amener mon fils pour soigner son genou, parce qu’il s’est infecté. Il a eu une opération il n’y a pas longtemps. Et puis j’ai déjà entendu ce problème là il y a des années de cela. Et puis je vois qu’au fil des ans, ça ne s’est pas arrangé », constate une femme à l’hôpital de Taravao.
Car l’établissement fonctionne toujours à flux tendu. Aux urgences, le moindre arrêt de travail suffit à désorganiser le service. Face aux tavana de la Presqu’île, la ministre de la Santé a d’abord démenti toute fermeture.
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« Les urgences n’ont pas été fermées et je ne prévois pas de les fermer au mois de juillet, ni au mois d’aout. Et je regrette la désinformation qu’il y a eu sur les réseaux sociaux puisque ça a peut-être découragé certaines personnes à aller consulter alors qu’il y avait un accueil médicalisé durant la journée d’hier et durant la nuit du 12 juillet », a déclaré Raihei Ansquer
Mais une fois l’urgence écartée, reste le problème de fond. En avril dernier, le personnel médical avait d’ailleurs poussé un cri d’alerte. Aujourd’hui, les élus de la communauté de communes de Tereheamanu prennent le relais.
Pour eux, les réponses ponctuelles ne suffiront plus. Il faut construire un nouvel hôpital, un projet envisagé à une époque avant d’être finalement mis de côté.
« Elle nous a quand même donné des réponses pour l’immédiat, mais pour du long terme, on n’a pas vraiment eu de réponse. Le long terme, c’est ce qui nous préoccupe aujourd’hui, parce que plus on va aller, plus le bassin de Tereheamanu sera peuplé. Aujourd’hui, on est un peu moins de 60 000 habitants. Dans 5-10 ans, on sera peut-être plus de 80 000 habitants », souligne Faana Taputu, le président de la communauté des communes.
La ministre ne s’est toutefois pas engagée pas sur une nouvelle construction. Le gouvernement veut d’abord renforcer l’établissement actuel. Des travaux de rénovation ont été lancés dans différents services, comme ceux de soins de suite et de réadaptation.
« Le problème actuel, c’est que nous faisons face à une montée en charge épidémiologique et à une augmentation démographique du fait de la décentralisation qui est prévue, qui ne pourra pas attendre autant d’années. Donc, il est important de pouvoir renforcer l’hôpital actuel et augmenter les moyens en créant par exemple une maternité et en favorisant un partenariat public-privé avec un appel à manifestation d’intérêt qui sera lancé très prochainement », a-t-elle indiqué.
« Nous avons aussi prévu, suite à l’inscription au collectif 3, l’étude pour l’emplacement d’un scanner, donc un bâtiment pour placer un scanner, également au niveau de l’hôpital de Taravao», a ajouté Raihei Ansquer.
Autre projet inscrit au prochain collectif budgétaire, qui doit encore être adopté : la création du SMUR Sud, avec 18 postes supplémentaires prévus. Des réponses pour renforcer l’existant, mais toujours aucune certitude quant à la construction d’un nouvel hôpital.



