Le bilan humain est encore inconnu en début de soirée, les opérations de secours et de déblaiement ayant été entravées par les conditions météo.
« La totalité » de l’île de Rota, la plus méridionale des Mariannes du Nord, s’est trouvée au cœur du phénomène avec des vents allant jusqu’à 290 km/h. Les quelque 1.500 habitants de cette île paisible avaient été instamment priés de se mettre aux abris.
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« C’est une tempête énorme, vraiment énorme », a commenté Pan Guerrero, le président de la chambre de commerce, signalant que le courant et les communications ont été interrompues pendant près de huit heures.
« Des gens nous rapportent déjà des dégâts majeurs« , confiait en cours de journée Lou Rosario, responsable communication au centre de crise municipal de Rota.
Sur l’île de Guam, à 80 km de Rota, l’AFP sur place a vu de nombreux arbres déracinés, des lampadaires arrachés, et au moins une voiture retournée par le vent. Une dizaine de routes principales étaient impraticables.
« Ne prenez pas la route. Tout véhicule supplémentaire gêne les secours et retardent le déblaiement des routes« , a avertit le centre d’information conjoint, mettant en garde contre « des conditions qui restent dangereuses ».
Par avance, le NWS avait prévenu sur X que la majeure partie de l’île de Rota risquait d’être « inhabitable pendant des semaines voire davantage » en appelant les riverains à se protéger « des vents extrêmes comme si une tornade s’approchait« .
Amélioration progressive
Au moment où le super-typhon s’éloignait lentement vers l’ouest, Marcus Landon Aydlett, météorologiste au NWS, tenait un direct sur Facebook. L’île de Tinian, au nord de Guam, et la pointe sud de Saipan dans les Mariannes du Nord ont subi des vents équivalents à un ouragan de catégorie 1, a-t-il détaillé, ajoutant : « Progressivement, les conditions vont s’améliorer« .
Les Mariannes du Nord et Guam, territoire voisin distinct, comptent environ 210.000 habitants.
Ces territoires ont déjà été durement éprouvés en avril par le super-typhon Sinlaku, privant d’électricité des dizaines de milliers de personnes. En 2023, Guam avait aussi subi les rafales destructrices du typhon Mawar.
« Lors du passage de Sinlaku, notre maison a été inondée à cause des vents violents et des fortes pluies, et notre plafond endommagé. Une expérience vraiment traumatisante pour nous« , a commenté Rowell Mariano, un habitant de 61 ans de Saipan, dans les Mariannes du Nord.
Sur Guam, plusieurs centaines de personnes ont pu se réfugier dans l’hôtel Guam Plaza, battu par de fortes pluies. L’établissement possède un groupe électrogène qui devrait fonctionner « deux à trois jours » selon son directeur général, Sudipta Basu.
Oliver Snulgawski, un grutier australien de 43 ans de retour de vacances dans un atoll et bloqué dans un hôtel de Guam, se voulait serein : « Je vais bien », a-t-il dit à l’AFP, comparant les évènements à « un cyclone de catégorie 5″.
El Niño
Sur Guam toujours, un centre de distribution avait été approvisionné avec 1,1 million de litres d’eau, 1,2 million de repas, 6.700 lits de camp et 90 générateurs, et cinq centres d’évacuation ouverts dans des écoles, à destination des personnes vivant dans des habitations vulnérables.
L’Organisation météorologique internationale (OMI) a averti que le phénomène climatique El Niño, qui survient généralement tous les deux à sept ans et dure neuf à 12 mois, avait déjà commencé dans le Pacifique tropical.
Celui-ci réchauffe les températures de l’eau dans le centre et l’est du Pacifique équatorial, modifiant à l’échelle mondiale les régimes de vents, de pression et de précipitations, pouvant ainsi aggraver les catastrophes.
« Notre grande inquiétude pour cette année d’El Niño est que nous allons être beaucoup plus occupés que nous ne l’avons été ces cinq ou six dernières années« , a commenté M. Aydlett, du NWS.
Selon l’observatoire européen Copernicus Marine, les océans du monde ont connu le mois de juin le plus chaud jamais enregistré et pourraient atteindre de nouveaux records dans les mois à venir.



