Des concours pour gagner en visibilité, mais qui saluent aussi un travail d’équipe. Les tatouages nécessitent plusieurs heures, voire plusieurs jours, de travail. Une performance qui ne repose pas uniquement sur le talent du tatoueur. Chaque œuvre est le fruit d’un travail d’équipe entre l’artiste et son modèle.
« Sans le modèle, on ne peut pas s’exprimer, on ne peut pas s’aventurer dans ce genre de compétition. Pour avoir une renommée, sans le modèle, on ne peut pas être visible. Le modèle c’est ma vitrine, c’est comme ça que je vois mon monde », explique Tinihauarii Bonno, tatoueur.
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Celui-ci réalise une nouvelle étape d’un vaste projet de tatouage intégral, commencé il y a plus d’un an avec son modèle : Naomi. Ensemble ils participent au concours dans la catégorie « black ».
« Elle est tenace. Elle a vraiment un mana aussi. Ça a été vite. On est parti sur un projet ‘full body’. Aujourd’hui, on est là à faire un back -dos, ndlr-. Devant, c’est déjà fini. C’est ça qui est génial en fait : pouvoir avoir un personnage comme ça pour s’exprimer sur son dos qui est ma toile aujourd’hui », sourit Tinihauarii.
Cette relation de confiance s’est construite après des heures passées à dessiner, concevoir, échanger avant de marquer la peau. L’objectif n’est pas seulement de réaliser un beau tatouage, mais de construire une œuvre cohérente sur l’ensemble du corps.
« Il faut être patient, être statique, ne pas bouger, être bien dans sa tête. C’est une gestion du corps, de la douleur. C’est mental et physique », confie Naomi.
Et celle-ci d’ajouter : « Après, Tini connaît bien mes capacités corporelles, donc c’est cool, c’est quand même rassurant. Ça prend du temps, mais quand on veut quelque chose, on prend ce temps. C’est de l’art, ça se mérite aussi. Il y a une notion de mérite, ça se fait dans la douleur. Pour avoir une pièce comme ça, il faut le mental, il faut le physique et il faut accepter ce qui se passe, sinon ça ne marche pas ».

Un engagement indispensable pour permettre au tatoueur de donner vie à sa création. A 25 ans, Emana Lehartel participe au concours dans la catégorie « moderne » avec un tatouage sur une jambe entière. Un exercice pour présenter son travail à la communauté des tatoueurs réunie ces 4 derniers jours au festival.
« Je vise plutôt la qualité du travail. Le concours c’est après. C’est aux juges de décider. Je suis plus là pour montrer ce que je fais, montrer mon travail, et surtout pour réaliser le projet du copain », dit-il.
Au Pacific Tātau Festival, les trophées récompensent un artiste. Mais chaque prix est aussi celui d’un binôme qui a su conjuguer créativité, confiance et endurance.
Le palmarès du festival :
Catégorie Black
1er Prix : Kaimuko Tavarua
2e Prix : Tekohuotui Raihauti
3e Prix : Marotearii PArau
Catégorie Traditionnelle
1er Prix : Emana Lehartel
2e Prix : Matauira Taimana
3e Prix : Yann-Patii Maruae



