Les tapis de la salle Maco Nena ont accueilli tout le week-end la deuxième journée de présélection en vue des Jeux du Pacifique 2027. Plus d’une centaine de lutteurs étaient engagés, dans un enchaînement de combats déjà déterminants pour se faire une place dans la future sélection.
En lutte libre, les affrontements se sont succédé à un rythme soutenu, révélant des profils parfois inattendus. Certains athlètes viennent d’autres disciplines, à l’image de Nainoa David, issu du surf, qui adapte aujourd’hui ses repères à l’exigence du combat au sol. « C’est devenu un peu complémentaire pour nous les surfeurs. Quand il n’y a pas de vagues, au lieu de rien faire, on va aller à la salle. Beaucoup de surfeurs, comme Lorenzo, Michel Bourez… ce sont des exemples pour nous. Ça nous maintient en forme toute l’année » admet le combattant en moins de 125 kg.
Pour rester compétitifs, les lutteurs doivent composer avec de nombreux paramètres : changement de catégorie, gestion du poids ou encore ajustements tactiques.

Dans la catégorie des lourds, Teiki Nauta s’impose en moins de 125 kg à l’issue d’une journée maîtrisée. Contraint lui aussi de monter de catégorie, il a su adapter sa stratégie face à une adversité relevée.
Une performance d’autant plus notable qu’il poursuit encore sa rééducation après une blessure. « Pour mon épaule, mon genou et mon bas du dos, dû à mon accident de la route l’an dernier. Actuellement, je suis en rééducation depuis 6 mois. J’essaie de revenir au top et d’être au point pour les Jeux du Pacifique ».
Dans les autres catégories, Vaitehau Otcenasek s’illustre en moins de 79 kg. Malgré un état de forme diminué, il parvient à s’imposer, porté par le soutien de son entourage : « On était un peu malade,s aujourd’hui. Le physique n’était pas au top. Heureusement, les copains étaient présents pour bien pousser. Merci à toute la team Te Aro MMA, et merci à Teiki Nauta aussi qui m’a bien poussé aujourd’hui« .
Au-delà des résultats, ces présélections sont aussi un terrain d’apprentissage. Les lutteurs les moins expérimentés se confrontent à des adversaires plus aguerris pour progresser plus rapidement. « Je pense que c’est bien pour nous pour évoluer, pour gagner de l’expérience. Il vaut mieux combattre des champions que des combats de nuls » indique Manatea Mano’i, combattant en plus de 125 kg.

Présent sur place, le cadre technique de la Fédération française de lutte, Thierry Bourdain, observe attentivement les performances. L’objectif est clairement affiché : élever le niveau pour rivaliser lors des Jeux du Pacifique. « La médaille d’argent ne m’intéresse pas, en fait. C’est la médaille d’or qu’il faut. Il faut qu’on finisse Première Nation. Il faut tout arracher en fait. Il faut prendre le maximum de médailles d’or. Il y a du travail, mais sans travail, il n’y aura pas de médaille ».
À un peu plus d’un an de l’échéance, la préparation s’intensifie. Ces journées de présélection permettent d’affiner les choix et de structurer progressivement les équipes, avec un objectif assumé : viser les plus hautes marches du podium en 2027.



