CHPF : un nouveau pôle de santé mentale pour mieux soigner enfants, adultes… et addictions

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Attendu depuis plus de 15 ans, le nouveau pôle de santé mentale du CHPF a été inauguré ce mardi. Cette infrastructure de 4 000 m², d’un coût de près de 5 milliards de Fcfp, doit améliorer la prise en charge des patients, avec dès la semaine prochaine l’ouverture de la pédopsychiatrie et, à terme, un pôle de lutte contre les addictions.

C’est une étape clé pour la santé mentale au fenua. Le Centre hospitalier de la Polynésie française (CHPF) a inauguré ce mardi matin son nouveau pôle dédié, à proximité du bâtiment principal.

Sur 4 000 m², cette structure moderne vise à mieux coordonner les prises en charge entre la pédopsychiatrie, la psychiatrie adulte et l’addictologie. « Il est également plus adapté pour développer les activités thérapeutiques, aussi bien pour les jeunes enfants que pour les adolescents. Il va, à terme, accueillir de l’activité de consultation d’addictologie, puis des activités hospitalières, donc de l’hospitalisation d’addictologie, et renforcer du coup les communications entre la pédopsychiatrie, la psychiatrie adulte et l’addictologie. En mettant en commun nos compétences, on soigne forcément d’autant mieux » affirme Julien Testart, chef du service psychiatrie du CHPF.

Le service de pédopsychiatrie doit entrer en fonctionnement dès la semaine prochaine. Il sera ensuite renforcé par un pôle dédié à la prise en charge des addictions.

Cette montée en puissance intervient dans un contexte de besoins croissants. Selon une étude menée en 2017, 42,8 % des Polynésiens ont déjà présenté un trouble psychique au cours de leur vie. « Les besoins en santé mentale continuent de progresser de façon exponentielle, simplement aussi parce qu’il y a une levée du tabou, on en parle plus, donc il y a des choses qui sont plus visibles. On rend plus visible la santé mentale, on en parle, ce qu’on ne faisait peut-être pas encore il y a 20 ans en arrière. Il y a un besoin qui émerge, qui est là, qui est latent, mais qui s’exprime et auquel il faut pouvoir apporter des réponses coordonnées, intelligentes, efficientes. Et c’est tout l’enjeu qu’on va essayer de relever sur ces prochaines années ».

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Les nouveaux locaux ont été pensés pour absorber une activité importante, avec environ 150 consultations et 66 hospitalisations par jour. Mais l’établissement mise aussi sur le développement de la prise en charge à domicile. Pour Hani Teriipaia Ott, directrice du CHPF : « Avec cette nouvelle offre qui se développe en milieu ouvert, ça permet de mieux prévenir les situations de crise par exemple, et de prendre en charge plus tôt des situations de santé mentale ».

Mais pour qu’un patient soit pris en charge dans les meilleures conditions, il faut que le personnel soignant soit dans de bonnes dispositions. « Nous avons recruté davantage au niveau de la médecine du travail. Une psychologue et un ingénieur de gestion des risques professionnels ont été recrutés cette année pour renforcer la médecine du travail et être au plus près des besoins de santé mentale du personnel » ajoute la directrice du CHPF.

En Polynésie française, la santé mentale représente aujourd’hui un coût de plus de 2 milliards de Fcfp par an, un budget qui a doublé en cinq ans.

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