La dette des Tonga envers la Chine freine sa reconstruction, quatre ans après une violente éruption volcanique

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Plus de quatre ans après une éruption volcanique historique, l'Etat polynésien des Tonga peine à achever sa reconstruction, plombé par le remboursement d'une lourde dette à la Chine.

Près des plages de la côte ouest de Tongatapu, des débris de maisons et de commerces sont encore éparpillés. L’île voisine d’Eua reste privée de distributeur bancaire. Des traces toujours visibles par endroit des ravages du tsunami provoqué le 15 janvier 2022 par l’éruption du Hunga Tonga-Hunga Ha’apai.

L’explosion de ce volcan sous-marin situé à 65 kilomètres de l’île principale des Tonga, l’une des plus fortes éruptions jamais enregistrées, a pu s’entendre jusqu’en Alaska. Trois personnes ont été tuées, des centaines de maisons détruites, des routes et des commerces emportés par les vagues, l’archipel recouvert de quelque 15 centimètres de cendre, rendant la plupart des sources d’eau non potable.

Si les programmes gouvernementaux de reconstruction sont en majorité achevés, il y a encore « quelques restes » à terminer, a reconnu en mars Lord Fakafanua, le Premier ministre des Tonga. 

Pas de nouveaux prêts

Mais pour finir cette reconstruction, le gouvernement a renoncé à solliciter des prêts, a-t-il confié à l’AFP.

Selon ses documents budgétaires, l’archipel a un prêt en cours de 67,36 millions de dollars contracté auprès de la Banque d’exportation et d’importation de Chine pour reconstruire le quartier des affaires de la capitale Nuku’alofa après des émeutes en 2006.

Initialement de 55 millions de dollars, le coût de ce prêt contracté en 2008 avait dépassé, avec les intérêts, les 100 millions de dollars en 2024.

Le gouvernement des Tonga s’est engagé à rembourser d’ici 2030. Sur le dernier exercice annuel terminé en juin 2025, il a pour cela versé 17,7 millions de dollars à la Chine, la majorité des 29,4 millions de dette qu’il rembourse au total.

Un montant nettement supérieur au budget de 10,1 millions de dollars consacré aux infrastructures, et proche de celui que le pays consacre à la santé.

Dans un pays aux taux alarmants d’obésité, de diabète et de maladie non transmissibles, le budget de la santé 2025 a été de seulement 24,9 millions de dollars, gonflé par des dons exceptionnels pour le développement de l’hôpital de Nuku’alofa, mais il devrait diminuer à nouveau.

« Nous pourrions utiliser cet argent (remboursé à la Chine) pour d’autres choses » , se désole Lord Fakafanua.

« Mais Tonga s’est engagé en signant un accord de prêt, et nous avons l’intention de rembourser ce pour quoi nous nous sommes engagés.« 

La Chine cherche elle à étendre son influence dans le Pacifique en proposant des prêts et en construisant des infrastructures.

Lors d’une visite du roi Tupou VI des Tonga à Pékin en novembre, le président chinois Xi Jinping a affirmé que la Chine était prête à « fournir une assistance au développement social et économique des Tonga » , tout en maintenant « l’indépendance et la souveraineté » de l’archipel.

Mais pour Lord Fakafanua, accepter cette offre est hors de question. 

« Nous sommes actuellement dans une situation où nous ne contractons plus de nouveaux emprunts » , a-t-il affirmé à l’AFP. 

Risque de surendettement

Selon les documents budgétaires des Tonga, les risques liés au prêt avec la Chine sont importants, « le risque de refinancement et le risque de change étant les principales préoccupations » .

Le Fonds monétaire international (FMI) évalue ainsi à élevé le risque de surendettement des Tonga.

L’archipel a reçu des subventions de la Banque mondiale et de la Banque asiatique de développement pour construire les infrastructures dont le pays a grandement besoin, notamment un pont, actuellement en construction pour un montant de 97 millions de dollars.

Plus grand projet d’infrastructure de l’histoire du pays, ce pont de 720 mètres de long connectera Nuku’alofa avec le sud de l’île principale, Tongatapu, en traversant le lagon de Fanga’uta. Il doit offrir une nouvelle voie d’évacuation à Nuku’alofa en cas de tsunami ou d’inondations provoquées par des cyclones tropicaux.

En visite en mars, le Premier ministre de Nouvelle-Zélande, Christopher Luxon, s’est rendu sur le site du chantier mené par l’entreprise néo-zélandaise McConnell Dowell.

S’il soutient la priorité donné aux Tonga à leur discipline budgétaire, il « va de soi » que la Nouvelle-Zélande est prête à aider si besoin, a-t-il déclaré.

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