Démissions au Tavini : « ils ne savent pas ce qu’ils font », réagit Temaru

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Au lendemain de l'annonce de la démission de 15 représentants du Tavini Huiraatira, ses membres se sont réunis en urgence, ce vendredi matin. Ne cachant pas son inquiétude de voir la majorité du groupe fracturée par la scission à l'Assemblée, le président du parti Oscar Temaru a annoncé de nouvelles discussions - probablement les ultimes - avec Moetai Brotherson, avant la constitution du nouveau groupe.

La réunion de crise au siège du Tavini Huiraatira s’est donc tenue à huis clos ce vendredi, la presse ayant été invitée à rester devant le portail d’un QG où les têtes pensantes du parti ont dû chauffer.

Objet des discussions : tirer les conséquences du courrier actant la démission de 14 élus du parti bleu ciel – un quinzième, Félix Tetua, aurait joint le mouvement par mail. Ils y invoquaient des « différences d’appréciation sur la manière d’aborder certaines orientations » tout en affirmant : « Nous demeurons attachés aux engagements issus du programme porté en 2023, auxquels nous restons fidèles dans l’exercice de nos responsabilités ».

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C’est par une référence religieuse qu’Oscar Temaru a réagi, au sortir de la réunion, à la décision des démissionnaires. « C’est la prière de (Mitema) Tapati : Pardonnez-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font ».

Malgré ce ton, le leader indépendantiste ne cache pas sa préoccupation : « Il y a de quoi (être inquiet – ndlr), c’est normal. Il s’agit de l’avenir de notre Pays, admet-il. On a l’impression d’être étrangers chez nous. On ne peut pas accepter ça », a-t-il ajouté

Pour le président du parti, l’enjeu immédiat réside désormais dans le dialogue au sommet de l’exécutif. « Je dois rencontrer Moetai (Brotherson) pour parler de l’avenir », a-t-il annoncé, espérant peser dans l’avenir esquissé par le président du Pays devant les militants Tavini, le 28 mars dernier. Deux groupes indépendantistes coexisteraient – le Tavini Huiraatria et celui issu de la scission, possiblement baptisé « A fano tia » – dans une Assemblée reconfigurée, avec toujours 16 représentants Tapura, et (a minima) 5 non-inscrits. Ce, à partir du jeudi 9 avril.

« Des signaux qu’on n’a pas voulu voir »

« Il y a des choses qui ont été dites lorsqu’on était entre nous, et c’était peut-être des signaux qu’on n’a pas voulu voir. Mais je ne suis pas très surprise », observe de son côté Maurea Maamaatuaiahutapu.

Enfin, Antony Géros renvoie la responsabilité de la crise aux partants : « Ceux qui sont à l’origine de cette fracture, c’est plutôt eux qui doivent s’exprimer pour savoir pourquoi ils ont fait ça », estime le président de l’Assemblée. Concernant la suite des travaux législatifs, il prévient : « On compte sur nos forces, celles qui restent, pour voir comment on va survivre au niveau de l’Assemblée ».

Pendant que les cadres du parti échangeaient au siège, Moetai Brotherson a choisi de s’exprimer via ses réseaux sociaux. « Pendant que certains se réunissent en tribunal, je préfère m’en remettre à Dieu, en ce vendredi saint », a-t-il commenté sur sa page Facebook.

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